Amicale des Bigourdans de Paris

Section Généalogie





QUATRIEME REGIMENT DE MARCHE DE ZOUAVES


Constitué de quatre bataillons (3ème, 4ème, 5ème, et 11ème, ce dernier dissous en juin 1916) sous le commandement du colonel PICHON, le régiment embarqua ses deux premiers bataillons à Bizerte et Tunis et trouva les deux autres en France, à Rosny-sous-Bois.

De Romainville à Bercy, musique en tête et drapeau déployé, le 4ème zouaves fut acclamé par la population parisienne.

Il fut affecté à la 38ème division et au 3ème corps d’armée, reçut le baptême du feu à Charleroi le 23 août dans la région de Tarciennes, puis battit en retraite jusqu’au 29 août, où dans le cadre de la bataille de Guise, il se battit à Ribémont.

C’est là que se distingua particulièrement le capitaine qui commandait la 14° compagnie, qui fut blessé, recueilli par les allemands, soigné à l’ambulance d’Origny-Sainte-Benoîte, fut prisonnier, mais réussi à s’évader et rentra en France où il commanda un bataillon de son régiment en 1917. Il s’appelait GIRAUD et devait devenir un très grand chef par la suite.

Après la bataille de la Marne, le 4ème zouaves reprit la marche en avant et se battit durement à la ferme Hurtebise, au Chemin des Dames, où il gagna sa première citation.

Mis ensuite à la disposition de l’armée britannique, il reçut une lettre de félicitations du général Douglas Haig, commandant le 1er corps d’armée de nos alliés, pour la manière dont il s’était comporté dans la région de Zillebeke.

L’année 1915 le trouve en position à proximité de Nieuport-Ville, où il mène, dans la boue, de sanglants combats pour la défense d’Ypres.

En 1916, il prend une part glorieuse à la bataille de Verdun, livre des combats acharnés à la cote 304, à Souville, au bois de Vaux-Chapitre : première citation à l’ordre de l’armée.

Le 24 octobre, sous le commandement du lieutenant-colonel RICHAUD, il participe à la reconquête des contrées prises par l’ennemi en février 1916 et à la reprise du fort de Douaumont : deuxième citation à l’ordre de l’armée.

Il enlève Louvemont et la ferme des Chambrettes et les conserve malgré de furieuses contre-attaques : troisième citation à l’ordre de l’armée.

Il a perdu les deux tiers de son effectif dans la bataille de Verdun.

En 1917, il gagne sa quatrième citation et le droit au port de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire en combattant autour de la ferme et du monument d’Heurtebise (avril); une cinquième citation pour la prise de la Malmaison, splendide succès qui consacre sa valeur (25 octobre).

En 1918, du 27 au 31 mars, le 4ème zouaves prend sa part de lutte contre l’offensive allemande à Orvillers-Sorel,

il arrête l’ennemi et gagne sa sixième citation et la fourragère rouge.

Du 30 mai au 12 juillet, sur l’Oise, au Mont de Choisy et à Percy-Tigny, le 4ème zouaves donne de nouvelles preuves de son courage au feu. Une septième citation particulièrement élogieuse le récompense de ses sacrifices.

A partir du 20 août, se livre la bataille pour Noyon. Au cours de combats sanglants à Ourscamp, Pont-Lévêque, Morlincourt, Baboeuf, il lutte jusqu’à épuisement de ses moyens et contraint l’ennemi à se replier.

Le 11 novembre, il est à Epinal et apprend la nouvelle de la signature de l’armistice. Il entre triomphalement à Strasbourg avec sa division.

La lecture de quelques phrases de ses citations est symptomatique.

Dans celle de novembre 1914 :  A arraché un cri d’admiration à un officier supérieur allemand fait prisonnier au cours de l’action : « Vos hommes sont les plus beaux soldats que j’ai vus de ma vie et c’est pour moi une consolation d’être vaincu par eux. »

Dans celle du 18 août 1917 : « Régiment au passé brillant, au moral superbe, qui sous le commandement du lieutenant-colonel RICHAUD et sous l’impulsion des chefs de bataillon de Clermont-Tonnerre, Helbert, Raffiniac, s’est surpassé.

Il avait suffi de lui dire : la garde impériale est devant vous, pour l’électriser. »

Dans celle du 13 novembre 1917 : « Régiment d’élite déjà quatre fois cité à l’ordre de l’armée, dont l’élan merveilleux, la vigueur et le moral superbes, dignes du chef qui le commande, a dominé une fois encore la garde prussienne déjà battue à Hurtebise. »

Par décret du 5 juillet 1919, la croix de la Légion d’honneur fut attribuée au 4ème zouaves avec la citation suivante :

« Magnifique régiment animé de toutes les vertus guerrières qui a généreusement versé son sang sur les principaux champs de bataille de la Grande Guerre et a connu le succès chaque fois qu’il s’est engagé.

A fait revivre en l’anoblissant encore par la constance et la ténacité de ses efforts, la tradition héroïque des Zouaves de Crimée, d’Italie, du Mexique, de Froeschwiller.

A participé aux batailles les plus importantes de la campagne 1914-1918, s’est couvert de gloire sur la Marne et sur l’Yser en 1915, a arraché la victoire à Douaumont (24 octobre 1916), Louvemont (15 décembre 1916), Hurtebise (24 avril 1917), La Malmaison (23 octobre 1917), Longpont (18 juillet 1918), sur l’Oise (2 août au 4 septembre 1918), et en donnant tout entier et à fond, a arrêté net la ruée déjà victorieuse de l’ennemi à Orvillers-Sorel (28 mars au 1er avril 1918) et à Carlepont (29 mai au 5 juin 1918). »

Le 4ème zouaves avait perdu 9351 officiers, sous-officiers et soldats pendant la campagne.

Il rejoignit en 1919 ses garnisons traditionnelles de Tunis et du nord de la Régence, mit sur pied un bataillon pour des opérations du Rif et se distingua dans la campagne de Tunisie de 1942 et 1943.

Sources : HISTORAMA hors série n°10.


Roger ROUCOLLE