Monographie élaborée en 1887 par l'instituteur de Barèges (65). ce travail a été demandé à tous les instituteurs de France. Ces monographies peuvent être consultées aux archives départementales.

 

 

Monographie de Barèges

Commune de BETPOUEY ( Section de Barèges)

Monographie du bourg de Barèges

Situation géographique : limites, étendue, distance aux chefs-lieux du canton, de l'arrondissement, du département ; description physique du pays : relief du sol : montagnes, nature des roches qui les constituent ; curiosités naturelles; richesse du sol ; cours d'eau, leurs débits : leurs crues ; gués ; canaux ; lacs ;Eaux potables.

Le bourg de Barèges dont la situation géographique est par 42°54'25'' de latitude nord et 2°17' de longueur ouest, doit à ses eaux une renommée européenne. Il est compris dans l'arrondissement d'Argelès, canton de Luz, commune de Betpouey, dont il est éloigné de 3 kilomètres.
Ses limites sont : à l'Est, la commune de Bagnères, au Sud-Est la commune de Soulan (vallée d'Aure) ; au Sud, la commune de Luz ; à l'Ouest, la commune de Viella ; au Nord la commune de Viey et la commune de Sers.
L'étendue totale de la commune de Betpouey - Barèges est de 6183 hectares 804 centiares.
Du nord au sud, elle est longue de 8 kilomètres et de l'est à l'ouest de 12 kilomètres.
Barèges se trouve à 7 kilomètres de Luz, 24 kilomètres d'Argelès et à 57 kilomètres de Tarbes.
Le bourg de Barèges, situé sur la rive gauche d'un torrent, le Bastan, dans une gorge étroite

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se trouve comme toutes les vallées encaissées si étroitement, exposé aux avalanches pendant l'hiver.
Au Sud, s'élève le pic d'Ayré dont la base est couverte par une forêt de hêtres sillonnée de belles promenades ; sa crête est reliée au massif du Néouvielle ;
Au Nord, sur la rive droite du Bastan, s'élève la montagne du Capet, où se trouvent à cent mètres du torrent des plateaux assez fertiles et faisant partie comme ladite montagne du territoire de Sers. C'est par les ravins qui séparent ces divers plateaux que descendent sur Barèges les avalanches tant redoutées.
A l'Est de Barèges se trouvent quelques prairies, puis des pâturages qui s'étendent jusqu'au Col du Tourmalet. Cette montagne termine la gorge de Barèges et sépare la vallée du Bastan de la Vallée de Campan.
Le granit (appelé mouliäou dans le langage du pays) forme le massif du Néouvielle ( neige : vieille)
Le Pic d'Ayré serait, dit-on, formé mi-partie schiste et mi-partie granit.
Le Pic d'Ereslids ou Piquette au sud-est du bourg est celui des environs de Barèges qui offre le plus de richesses aux botanistes.
Autrefois, il était célèbre à cause de ses nombreux échantillons minéralogiques : amiante, grenat, cristaux de roche, etc. mais ces divers minéraux y sont bien plus rares aujourd'hui
Le schiste constitue en grande partie les montagnes qui dominent Barèges au nord et à l'est.
La base de ces diverses montagnes et l'entrée

 

 

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des ravins qui les séparent sont recouvertes de vastes éboulements parmi lesquels domine le granit dont on voit des blocs énormes sur les pentes ou sur les lits des torrents.
Curiosités naturelles - Sur la base du pic d'Ayré, à une demi-heure de Barèges, se trouve un petit plateau, l'Héritage à Colas, qui offre une belle vue sur la vallée du Bastan et les montagnes de Luz St Sauveur..
A dix minutes au-dessus de Barèges, en suivant la route thermale N°2 qui fait communiquer Barèges avec Bagnères de Bigorre, on aperçoit deux jolies cascades appelées cascades de Carrère.
Enfin, la plupart des prés déjà cités, et entre autres, le pic de l'Ayré, le Néouvielle, célèbre par son immense glacier, dominent des panoramas grandioses qui attirent chaque année de nombreux touristes.
Sol - Le sol en général stérile offre cependant d'excellents pâturages dans les vallées du Lienz, d'Escoubous, d'Aygue-Cluze, du Tourmalet. Les eaux minérales constituent la seule richesse.
Cours d'eau - Le principal cours d'eau, le Bastan, torrent très impétueux à cause de sa pente raide, prend sa source au Tourmalet, à une altitude de 2000 mètres environ ; il se jette dans le gave de Pau à 1200 mètres en aval de Luz. Sa longueur est d'environ 13 kilomètres.
Le volume de ses eaux d'ailleurs très variable peut être évalué de 30 à 40 mètres cubes par seconde.
Plusieurs sources alimentent le Bastan, dont trois principales .
Deux d'entre elles sortent à la base des pics de Campana et d'Espade, la troisième sort du Col d'Oncet au-dessus des Cabanes de Thou.
Le Bastan reçoit sur sa rive gauche le ruisseau de

 

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Caubère, le torrent d'Escoubous, alimenté par les lacs d'Escoubous, Blanc, Negre, etc. grosse du torrent d'Aygue-Cluze ; le torrent du Lienz ou de la Glaire, alimenté par les lacs et les glaciers du Néouvielle, le Rieulet, le Pontis, cours d'eau du Néouvielle, le Rieulet, le Pontis , cours d'eau insignifiants en temps ordinaire qui se changent en torrents destructeurs à la fonte des neiges et après les orages ; les ruisseaux de Bolou, de Soubralets et de Rioucaout.
Les affluents de sa rive droite coulent dans le territoire de la commune de Sers.
Les crues subites du Bastan et de ses affluents occasionnent quelquefois des inquiétudes aux habitants du bourg.
Ces crues sont causées soit par la fonte rapide des neiges, soit par les orages ou les fortes pluies, soit aussi, mais plus rarement, par le débordement des lacs situés dans les vallées supérieures.
Une digne, la digue Louvois, ainsi nommée parce qu'elle fut construite sur la proportion de ce ministre à son retour de Barèges, s'élève en amont de Barèges et le préserve des ravages du Bastan.
Presque tous les affluents du Bastan sont guéables ; le Bastan lui-même l'est jusqu'au confluent de l'Escoubous, mais à partir de ce point, il n'offre plus de gués.
Lacs - Les principaux lacs sont : les lacs d'Escoubous à 2049 mètres d'altitude, long de 500 mètres de large de 300 mètres environ, de Tracens, Blanc Nègre, dans la vallée d'Escoubous, les lacs de Couéïla Grand ou d'Aygue-Cluze, d'Estibère dans la vallée d'Aygue-Cluze,

 

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de la Glaire à 2121 mètres d'altitude, de Louey-Nègre dans la vallée de la Glaire.
Eaux potables -Les eaux du Bastan et de ses affluents sont potables ; en outre, d'autres sources qui descendent de l'Ayré et qui alimentent les fontaines de Barèges donnent une eau excellente.

Sources thermales et autres ; leur débit ; leurs propriétés ; stations thermales : leur fréquentation ;
Altitude ; climat ; vents ; pluies ; température ; salubrité.

On ne sait rien de certain sur la découverte des eaux minérales thermales de Barèges. La tradition rapporte que cette découverte serait due à une brebis appartenant à Mouré de Viey, seul propriétaire alors du sol où se trouve bâti Barèges.
Chaque matin, aussitôt que le troupeau sortait de la bergerie, cette brebis quittait les autres et ne venait les rejoindre que quelques moments après.
Un jour, le berger, intrigué de la manière dont la brebis quittait chaque matin le troupeau, voulut savoir où elle allait. Quel ne fut pas son étonnement lorsqu'il vit cet intelligent animal boire à une source dont on ignorait l'existence. Il s'approcha toucha l'eau de la main et fut non moins surpris de la trouver chaude.
Le soir, rentré au village, il raconta ce qui lui était arrivé. On accourut pour voir la source et boire de son eau.
Le bruit de la découverte de cette eau thermale se répandit de village en village et bientôt au dehors de la vallée .
La tradition ne dit pas à quelle époque

 

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cette découverte aurait été faite.
On trouve des traces de l'utilisation des sources de Barèges par les habitants du pays vers l'an 1500.
On se baignait, paraît-il à cette époque dans un grand bassin circulaire.
Les eaux ne jouissent d'une réputation étendue qu'à partir de 1675, époque à laquelle Mme de Maintenon y conduisit le jeune duc du Maine atteint d'une infirmité que guérirent ces eaux.
Quelques années après, Louvois vint lui-même chercher à Barèges la cure d'une fracture de jambe.
Louis XIV aussi, atteint d'une fistule devait venir faire usage des eaux de Barèges, mais son voyage n'eut pas lieu.
L'accès de la vallée de Barèges était alors très difficile.
Le col de Tourmalet, malgré son élévation, offrait le paysage le plus commode.
C'est par- là que Mme de Maintenon et le Duc du Maine se rendirent à Barèges.
La vallée devint propriétaire de Barèges en 1619.
Les sources thermales de Barèges sortent sur la rive gauche du Bastan, aux deux tiers environ de la rue du bourg, d'un calcaire primitif adossé à la base de la montagne d'Ayré.
Le tableau ci-après donne le nom des sources,

Leur température et leur débit

 

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Sources de Barèges
La source Barzun qu'on a conduite à Luz est située à 500 mètres de Barèges, sur la route de Luz et au bord du Bastan.
Il existe une autre source non exploitée, c'est celle de Pontis, située à 100 mètres de la route de Luz, sur la rive gauche du ravin Pontis, dans le quartier appelé le vieux Barèges.
Les eaux de Barèges, font des cures merveilleuses pour les douleurs rhumatismales, les maladies de la peau, les blessures etc…

 

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La station thermale de Barèges qui, à l'époque où Mme de Maintenon y est venue, n'avait que deux ou trois misérables chaumières comptait une cinquantaine de maisons il y a cent ans et aujourd'hui, elle en renferme plus de cent bien bâties, d'un aspect agréable ; elle possède aussi de beaux hôtels, des restaurants, des cafés bien tenus, deux librairies, un casino.
On a aussi construit récemment un bel établissement thermal, un magnifique hôpital militaire et un hospice civil.
Etablissement thermal - L'ancien établissement thermal était insuffisant ; la Commission Syndicale de la Vallée décida en 1860 la construction de l 'établissement actuel dont les travaux, commencés en 1861 ont été terminés en 1864.
Ce bâtiment s'élève au côté Sud de la rue, au deux tiers à peu près de la hauteur, à l'endroit même où sortent les sources ; il est construit en pierre de taille de Lourdes et de Barèges et présente un aspect assez imposant.
La nef intérieure surmontée d'une voûte longue de 50 mètres, large de 7 mètres, présente à droite et à gauche les salles de bains au nombre de 33. Chaque cabinet porte au-dessus de la porte d'entrée une inscription indiquant le nom de la source.
Les baignoires construites en marbre des Pyrénées sont d'une contenance de 300 litres environ.
Les salles de douche bâties à droite en contre bas de la nef étaient au nombre de trois, mais ce nombre était

 

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insuffisant, la Compagnie fermière des Etablissements thermaux de Barèges et de St Sauveur a fait construire en 1882 un petit pavillon dans la cour qui séparait l'établissement principal des piscines.
C'est en faisant des fouilles pour établir un réservoir dans cette même cour qu'on a découvert la source, appelée Source Nouvelle, qui a 36° et donne 28 800 litres par 24 heures.

Ce pavillon qui continue la nef de l'établissement thermal présente à droite et à gauche deux salles de douches de chaque côté, installées avec tous les appareils d'invention la plus récente.
Cinq buvettes sont utilisées : tambour, St Roch, Ramond, Troy, Source Nouvelle ; elles coulent dans un bassin d'un beau marbre blanc qui occupe le centre de la nef à droite .
Les piscines au nombre de trois sont alimentées par l'eau de tous les réservoirs. L'une d'elles, la piscine militaire reçoit en outre un filet d'eau vierge émanant du Tambour.
Hôpital militaire - Depuis 1746, Barèges possède un hôpital militaire qui reçut les blessés de la Guerre de Sept ans ; mais son installation étant insuffisante, on décida en 1859 la construction du bâtiment actuel qui fut achevé en 1864.
Cet édifice se compose d'un pavillon, d'un bâtiment central, avec deux ailes en retour donnant sur la rue principale.
Le Pavillon, à trois étages, peut recevoir une soixantaine d'officiers.
Les autres bâtiments, aussi à trois étages, peuvent loger trois cent sous-officiers et soldats. L'intérieur est parfaitement disposé pour les besoins du service.

 

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Un tunnel passant sous la rue de Barèges conduit les officiers et les soldats à la piscine militaire.
Les militaires se baignent à l'établissement thermal civil, car d'après les conventions passées entre l'administration de la Guerre et la Commission Syndicale de la vallée de Barèges, le service militaire a droit aux douches de midi à 4 heures du soir et de minuit à 4 heures du matin aux bains particuliers de 3 à 5 heures du matin.
En vertu de ces mêmes conventions, la piscine militaire est exclusivement réservée aux militaires du 1er juin au 1er octobre.
Hospice civil -L'hospice civil de Barèges a été construit de 1849 à 1856. Il s'élève au pied de la forêt d'Ayré et domine tout le bourg.
L'intérieur, assez bien disposé contient de 120 à 130 lits.
La direction du service est confiée au sœurs de la Sagesse qui vont passer l'hiver à St Savin (canton d'Argelès).
Cet établissement est plutôt un hôtel qu'un hospice, car, du 15 juin au 15 septembre, il reçoit des pensionnaires à un prix assez élevé et du 15 mai au 15 juin et du 15 septembre au 15 octobre des malades dits indigents mais qui sont obligés de payer 1f.60 par jour.
Il n'y a pas de malade admis à titre gratuit.
Le nombre moyen des étrangers qui viennent chaque année à Barèges est de 4 500 à 5 000 y compris les militaires dont le nombre varie de 800 à 1 000.
D'après les cartes de l'état-major, Barèges est à 1232 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le climat est par conséquent celui de la montagne c'est-à-dire assez variable.
Pendant la saison thermale, du mois de mai à la fin

 

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septembre, la chaleur est assez forte dans la journée, mais les matinées et les soirées sont assez fraîches.
Des observations météorologiques faites pendant un certain nombre d'années à l'hôpital militaire donnent pour la saison thermale la température moyenne suivante :
Juin 14°37
Juillet 17
Août 16°12
Septembre 14
La température moyenne de l'hiver est 0°, celle du printemps 7°.
Les températures extrêmes sont + 30° maximum, -16° minimum L'hiver de 1886-87. a été des plus froids que nous ayons eu depuis longtemps ; le thermomètre marquait -17° le 2 janvier à 7 heures du matin, ce qui arrive rarement.
Pendant longtemps Barèges est passé pour inhabité et inhabitable pendant l'hiver ; c'était une grave erreur, deux cents personnes environ y restent continuellement, et l'école mixte compte une moyenne de 40 à 45 élèves pendant cette saison.
Les vents qui règnent le plus ordinairement sont eux de l'ouest et de l'est. Le premier est souvent le signe précurseur de la pluie ; le second du beau temps.
Le vent du sud, assez chaud, appelé en idiome local Balaguèro ou bén d'Espagno, souffle aussi quelquefois.
La pluie est assez fréquente à Barèges. Pendant la saison thermale, il pleut en moyenne de 6 à 8 jours par mois.
Les orages sont aussi assez fréquents mais de durée et rarement accompagnés de grêle.
La neige commence à tomber sur les hauteurs en novembre, quelquefois plus tôt. Enfin, le climat de Barèges, quoiqu'un peu humide est un climat salubre.
Chiffre de la population d'après le recensement de 1886 - Divisions en sections, hameaux, quartiers - Population

 

 

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approximative de chaque groupe de feux ; organisation municipale ; fonctionnaires municipaux et autres.
Comment la commune est-elle desservie pour les cultes, les finances (perception), les postes et télégraphes.
Valeur du centime - Revenus ordinaires
La population totale de la commune d'après le recensement de 1886, est de 678 habitants, chiffre à peu près stationnaire.
Le bourg de Barèges y compris le quartier de Cabadur a 52 feux et une population sédentaire de 235 habitants.
Pendant la saison balnéaire la population est de 750 habitants(indigènes).
Barèges, annexe de la commune de Betpouey, forme une section électorale qui comprend une cinquantaine d'électeurs. Elle élit deux conseillers municipaux qui le représentent au sein du conseil municipal de Betpouey.
Un de ces deux conseillers est adjoint spécial de Barèges en même temps qu'officier de l'état civil. Il y a des registres de l'état civil spéciaux pour le bourg.
Les fonctionnaires tels que Commissaire de police, gendarmes, receveur des postes, directrice du télégraphe, n'habitent Barèges que du 15 mai au 15 octobre.
L'instituteur, le casernier, le gardien des scellés de l'hôpital Mrs les forestiers y restent toute l'année.
Pendant la saison thermale, le vicaire de Ders fait le service de la station, le curé de Betpouey est aumônier de l'hôpital militaire et de l'hospice civil.
Du 1er novembre au 1er mai le vicaire de Sers vient les dimanches dire la messe à Barèges, à 8 heures du matin.
Les Barégeois sont obligés de payer, pour ce service, une somme de 200 francs qu'ils réunissent par voie de souscription.
L'entretien de la chapelle est aussi à leur charge pendant la saison d'hiver.
Barèges, comme toutes les communes du canton, est desservie par le percepteur de Luz.

 

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Du 15 mai au 15 octobre, Barèges possède un bureau de poste et un bureau télégraphique ; pendant le reste de l'année, le bourg est desservi par le bureau de postes et télégraphes de Luz.
Valeur du centime 31 f. 17
Revenus ordinaires 2562 f. 14
Productions : quantités ; culture principale ; procédés de culture ; bois et forêts ; essences ; reboisement ; produits des forêts ; régime forestier - Animaux ; troupeaux divers ; chasse set pêche.
Produits de toute nature : mines et carrières exploitées ou à exploiter ; usines ; moulins etc.
Voies de communication : routes, ponts, époques de leur construction - Voies ferrées et autres moyens de transport ; moyens de communication avec les chefs-lieux du canton, de l'arrondissement, du département ; voitures publiques, diligences, etc. commerce local ; mouvement des échanges, foires et marchés - Mesures locales encore en usage.
La culture des céréales est pour ainsi nulle, on ne récolte que bien peu de seigle, d'orge et de sarrasin.
Le seigle se sème en octobre, l'orge et le sarrasin en avril et mai.
Toutes ces récoltes se font dans le courant du mois d'août.
La pomme de terre qui forme la culture principale est de très bonne qualité ; on la sème en mai et on la récolte en octobre.
L'élève du bétail est la plus grande occupation des propriétaires des environs.
Les forêts de Barèges occupent une étendue de 317 hectares : les principales essences sont : les bouleaux, quelques sorbiers et quelques mélèzes. Elles appartiennent par indivis aux cinq communes qui composent la vie de Labatsus à la vallée du Bastan : Esterre, Viella, Betpouey-Barèges, Viey et Sers. On fait chaque année

 

 

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Une coupe dont le produit qui est de 2 500 à 3 000 francs est réparti entre les 5 communes.
Ces forêts, soumises au régime forestier sont surveillées par des gardes forestiers domaniaux, c'est-à-dire payés par l'Etat.
Depuis bientôt une trentaine d'années, l'Administration forestière s'occupe activement du reboisement et du regazonnement des montagnes.
Aussi, les flancs de la montagne s'élevant au nord de Barèges qui naguère présentaient l'image de la désolation sont maintenant recouverts de gazon et d'arbres.
Ces arbres retiennent les terres et les neiges et rendent ainsi moins fréquentes les avalanches pendant l'hiver.
Le ruisseau le Rioulet qui, à la moindre pluie se changeait en torrent dévastateur, causait d'affreux ravages et interrompait la circulation de Luz à Barèges plusieurs fois dans l'année, a cessé d'être redoutable, grâce aussi à l'Administration des forêts qui a fait des clayonnages et des barrages gigantesques le long de ce ravin.
Les principaux animaux domestiques sont : les brebis et les moutons dont la chair est renommée ; les vaches, de petite taille, qui sont de bonnes laitières, les chevaux, les mulets, les cochons, les poules, les chiens de montagne.
Du mois de mai au mois d'octobre, les bestiaux sont conduits dans les vallées au-dessus de Barèges où se trouvent des pâturages excellents.
Pendant le reste de l'année on est obligé de les renfermer et de les nourrir avec le foin qu'on a récolté dans les prairies très fertiles situées sur les plateaux avoisinants Barèges.
La chasse, très difficile dans les montagnes, procure peu de produits, car on ne trouve aux environs de Barèges que quelques perdrix, quelques lièvres, et les isards sur les hautes cimes des pics dont l'ascension est parfois pénible et dangereuse.

 

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La truite du Bastan, de ses affluents et des lacs est le seul poisson que nous ayons dans le pays. Cette pêche offre quelques ressources aux habitants pendant la saison thermale.
Carrières - A 200 mètres environ au-dessus de Barèges se trouvent deux carrières de marbres où l'on puise la pierre nécessaire aux constructions de la localité ; elles appartiennent à un propriétaire de l'endroit.
Deux moulins, l'un à Betpouey et l'autre à Barèges suffisent pour moudre les céréales qui se consomment dans la commune et dans les villages voisins.
Voies de communication - La route nationale N° 21 de Paris à Barèges a été construite depuis Pierrefitte de 1732 à 1745, sous la direction de l'ingénieur Polard et par les ordres d'abord de M. de la Baune, puis de M. d'Etigny, intendants de la province.
La raideur de la pente était telle en certains endroits qu'on a dû rectifier la route depuis Betpouey jusqu'à Barèges.
Les travaux commencés en 1874 ont été terminés en 1881. Deux ponts en fer sur le Bastan au-dessus et au -dessous du confluent des Pontis, ont été construits en 1883.
La route thermale N° 2 qui fait suite à la route nationale a été construite de 1860 à 1865.
Elle fait communiquer Barèges avec Bagnères de Bigorre par le col du Tourmalet et la vallée de Campan.
Le chemin de fer n'aboutit qu'à Pierrefitte à 18 kilomètres de Barèges.
Pendant la saison thermale, c'est-à-dire du 15 mai au 15 octobre, le courrier qui fait deux fois par jour le service de Pierrefitte à Luz et à Barèges prend des voyageurs. Il y a en outre, pendant la même saison un service de diligences établi par la correspondance spéciale des chemins de fer du midi.

 

 

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Le prix des places des diligences de Barèges à Luz est de 1f. de Barèges à Pierrefitte 3f. pour la descente, de 4f.50 de Pierrefitte à Barèges.
Du 15 octobre au 15 mai, il n'y a pas de service de Luz à Barèges. On est donc obligé d'aller à pied ou à cheval jusqu'à Luz pour prendre le courrier jusqu'à Pierrefitte, et là, le chemin de fer pour se rendre soit au chef-lieu d'arrondissement, soit au chef-lieu du département.
Il n'y a pas de commerce proprement dit dans la localité. La vente du bétail, du lait et du beurre constitue la principale ressource des paysans des environs de Barèges.
Les habitants du bourg et un certain nombre des communes voisines exercent une industrie quelconque à Barèges pendant la saison thermale : maîtres l'hôtels, cafetiers , aubergistes, guides, loueurs de chevaux, d'ânes, de voitures etc.
Les propriétaires louent aux étrangers leurs maisons qui rapportent d'assez beaux bénéfices.
Pour s'approvisionner on se rend aux marchés de Luz, d'Argelès, de Lourdes, de Tarbes.
Les Barégeois ont conservé des anciennes coutumes de la vallée, l'usage qui, dans les familles, avantage l'aîné de tout ce dont la loi permet de disposer en sa faveur.
Etymologie probable du nom ; histoire municipale ; traditions et légendes ; biographie sommaire des personnages célèbres nés dans la commune ; idiomes ; chants ; mœurs, cultes, costumes, alimentation - Monuments.
L'histoire de Barèges est peu connue et la plupart des ouvrages écrits sur la station ne font pas mention de l 'étymologie du nom.
Cependant, M. le Docteur Armieux, dans des Etudes médicales sur Barèges dit : " Autrefois

 

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tout le pays compris entre Barèges, Pierrefitte et Gavarnie constituait une vallée fermée, presque inaccessible, dépendant du Lavedan, mais ayant un gouvernement séparé dont le siège était à Luz .
Cette vallée portait le nom de Barèges, qu'on écrivait Baretgi, et la station thermale actuelle a pris le nom de la contrée dont elle n'est qu'une dépendance très restreinte.
Tout le pays comprenait 4 vies au canton et 17 paroisses.
La vallée formait autrefois une petite république indépendante et les fiers montagnards n'acceptaient point des lois qu'on ne pouvait guère leur imposer par la difficulté de pénétrer chez eux et de les réduire. Il n'y avait que trois accès possibles pour arriver dans cette région dont le nom CELTE signifie FERME : par Gavarnie en venant d'Espagne, l'autre porte est celle de France, passage dangereux et difficile à défendre ; enfin, le col du Tourmalet. "
Les habitants de Barèges comme ceux des communes voisines parlent un idiome qui diffère assez du patois général du midi. Voici un aperçu de cet idiome :

Français :
La Légende de Barbazan
Il y avait autrefois dans un village des Pyrénées un homme et une femme qui étaient très vieux.
Ils n'avaient qu'une petite maison, un jardin et une vache.
Mais si pauvres qu'ils furent,ils secouraient toujours ceux qui étaient plus pauvres qu'eux.

Patois du pays
Era légéndo dé Barbazan
Qué guèy d'âoutés cops, en u bilatyé d'érés Pyrénéés u houmé et üo hénno qui yèrén pla pla bieils.
Que nou èïn, qu'üo petito maïson u casàöu et uo baquo.
Més ta praoûbés qui éstèssén qué sécouribén touslém es dé qui yèrén més praöubes qué it.

Français : La Légende de Barbazan
Il y avait autrefois dans un village des Pyrénées un homme et une femme qui étaient très vieux. Ils n'avaient qu'une petite maison, un jardin et une vache. Mais si pauvres qu'ils ??ils secouraient toujours ceux qui étaient plus pauvres qu'eux.
Patois du pays
Era légéndo dé Barbazan
Qué guèy d'âoutés cops, en u bilatyé d'érés Pyrénéés u houmé et üo hénno qui yèrén pla pla bieils. Que nou èïn, qu'üo petito maïson u casàöu et uo baquo. Més ta praoûbés qui éstèssén qué sécouribén touslém es dé qui yèrén més praöubes qué it.
Tous les habitants de l'endroit savent cependant parler le français ; et aujourd'hui, il en est très peu qui ne savent pas lire et écrire. Aussi, abandonnent-ils peu à peu leurs chansons patoises et se familiarisent-ils avec les romances et les chants patriotiques écrits en bon français.
Les Barégeois sont en général intelligents, de mœurs simples et honnêtes. Leur contact avec les étrangers

 

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les a rendus affables, serviables et très polis.
Le culte catholique est rigoureusement pratiqué par la presque totalité des habitants.
Habitués à une vie rude, ils sont travailleurs et sobres pour la plupart.
Le pain de seigle et de froment une pâte faite avec de la farine de maïs, du lait et du beurre (appelée pastét en patois du pays), les pommes de terre, le lait, la viande salée de porc et de brebis forment la principale alimentation. Les jours de grandes fêtes on fait usage de viande fraîche et de vin.
Depuis une soixantaine d'années les costumes ont bien changé, les hommes ne portent plus la culotte courte, les guêtres de laine blanche et la calotte pointue.
Ils s'habillent maintenant comme ceux de la plaine, ce qui les distingue, encore cependant c'est la veste courte au col droit, et les sabots à pointe relevée ; le béret est la coiffure générale.
Les Barégeois ont le costume ordinaire des femmes de la plaine et portent un Capulet rouge.
Pour se rendre à l'église, les femmes portent ou le capulet
Il n'y a pas d'archives communales pas plus que de documents officiels, pouvant servir à établir l'histoire du bourg.
Plusieurs ouvrages ont été écrits par des médecins, sur les eaux de Barèges. M. le Docteur Armieux, dans ses Etudes Médicales sur Barèges donne un aperçu général de la bibliographie de Barèges.

Enseignement

Depuis 1876 Barèges possède une école publique laïque mixte. Jusqu'alors, les enfants du bourg étaient obligés d'aller en classe à Betpouey pendant l'hiver. Pendant la saison thermale

 

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On avait presque toujours une école libre dans la localité.
L'école publique de Barèges comprend une moyenne de 50 à 60 élèves ; en outre, du mois de mai au mois d'octobre, la sœur-institutrice de Betpouey transfère son école à l'hospice civil de Barèges . Cette école reçoit une vingtaine d'élèves en moyenne.
Plan de la salle d'école de Barèges à 0m.01 par mètre

Plan de la salle d'école de Barèges

Longueur de la salle d'école 7m 30
Largeur 7m 00
Hauteur 2m 88
La salle d'école, qui n'est pas la propriété de la commune est assez convenable mais le mobilier scolaire est insuffisant.
Il y a un projet de construction et il est à désirer qu'il reçoive une bonne et prompte solution.
La fréquentation scolaire est satisfaisante et l'instruction commence à être assez répandue. Il n'y a plus maintenant de conscrits illettrés, et les conjoints de cette année ont tous su signer leurs noms.
La bibliothèque scolaire, fondée en 1880 par voie de transcription et entretenue par le même moyen


 

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Deux souscriptions nouvelles ont été faites en 1884 et 1886, compte aujourd'hui 218 ouvrages comprenant 247 volumes.
Le nombre des prêts en 1886 a été de 510.
La caisse des écoles ne fonctionne pas.
La caisse d'épargne scolaire a été créée en 1881.
Le montant des sommes inscrites sur les livrets est de 63f.
Le traitement actuel annuel de l'institutrice de Barèges est de 1050f.
Loyer de la salle d'école pour 1887 230f.
Loyer du logement de l'instituteur 150f.
Dans le cas où le projet de construction ne serait pas mis à exécution, la commune devrait voter une somme de 300 f. pour compléter le mobilier scolaire de l'école mixte de Barèges.

Barèges, le 8 avril 1887, L'instituteur, P Barbé

 

Copie du texte: Janine CENAC
 

Amicale des Bigourdans de Paris

 


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