Monographie élaborée en 1887 par l'instituteur de Bazet (65). ce travail a été demandé à tous les instituteurs de France. Ces monographies peuvent être consultées aux archives départementales.

 

 

Monographie de BAZET

La commune de Bazet, canton de Tarbes nord, département des Hautes-Pyrénées, est située sur la rive gauche de l'Adour, fleuve qui arrose la vaste et fertile plaine de ce nom. Sa distance au chef-lieu de département qui est en même temps le chef-lieu d'arrondissement et le chef-lieu de canton, est de 6 kilomètres.
Le territoire de Bazet est sans accident et très morcelé ; sa superficie de 280 hectares est bornée au levant par Bours, à Aurensan, au couchant par Oursbelille, au nord par Aurensan, et au midi par Bordères.
Assis aux portes de la ville de Tarbes, Bazet a le double avantage d'avoir un pied dans la cité, et l'autre dans la campagne ; c'est assez dire qu'il jouit en même temps de l'utile et de l'agréable ; mais parlons de la campagne.
Ici, c'est le fleuve l 'Adour qui arrosant ses murs, lui fait hommage des eaux limpides de Campan et des truites succulentes de Bagnères. Là, ce sont des bois où, en certains temps donnés, se fait entendre le doux chant d'une multitude innombrable d'oiseaux.
C'est encore dans ces frais bocages, comme dans les haies de nos jardins, que le rossignol et le merle sifflent des refrains qui vous captivent et vous enchantent. Ailleurs, ce sont de vastes prairies verdoyantes qui fournissent d'excellents fourrages et des pâturages abondants.

Plan de la commune de Bazet
Plan de la commune de Bazet


Plus loin, enfin, c'est l'aspect des coteaux, et surtout des montagnes Pyrénées, aux neiges éternelles, aux pics ardus, aux dessins les plus pittoresques et les plus variés : très beau panorama.
Bazet a aussi dans son propre sein des maisons rangées comme deux haies le long de ses rues assez larges et relativement droites, sur les rives desquelles se trouvent des ruisseaux pavés laissant

 

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couler des eaux limpides distribuées par les canaux de dérivation de l'Adour ce qui procure aux habitants de l'agrément et de la salubrité.
Il possède dans son centre plusieurs places publiques plantées d'arbres touffus et à fleurs. L'une d'elles, située en face de la mairie et appelée Place Lasclottes, pourrait poétiquement parlant être nommée Place aux tilleuls, à cause de l'essence des jolis arbres qui l'ombragent et qui répandent un arôme des plus suaves.
Le territoire de Bazet a une altitude d'environ 300 mètres. Il est arrosé par les eaux de l'Adour. Les crues fréquentes et l'étiage de ce fleuve sont si variables qu'il est impossible d'en fixer son débit régulier. Comme eaux potables, nous n'avons que celles des puits qui ont une profondeur moyenne de 4 mètres.
Le climat est en général doux et beau, avec vents assez fréquents à la fin de l'hiver et au commencement de l'automne.
Vers la fin mars ou commencement d'avril, il nous arrive souvent des giboulées ou bourrasques dues au voisinage des Pyrénées et de l'océan.
Les orages sont à craindre pendant l'été. Notre territoire est malheureusement trop souvent le théâtre de décharges de grêlons qui ravagent nos récoltes.
Quant à la neige, bien que nous soyons dans les Pyrénées Hautes, elle ne visite notre plaine qu'à de rares intervalles et il s'écoule plusieurs années sans qu'elle fasse son apparition.
La température est douce ; mais à cause de l'éloignement des collines, nous avons souvent une bise très froide, pour ne pas dire des gelées, qui influe surtout sur le rendement des arbres fruitiers hâtifs et qui comprend celui des primeurs.
Ces sortes de gelées se font aussi sentir quelquefois en mai et portent une grave atteinte aux jeunes bourgeons des vignes et à la floraison des blés. Quoique le sol soit bas et plat, Bazet est salubre ; les habitants y atteignent une longévité respectable : on y trouve beaucoup d'octogénaires.

II

Le recensement de 1886 accuse 460 habitants abrités par 124 maisons, divisées en 129 feux, formant une agglomération à l'instar d'une ville. Depuis environ 10 ans, la population tend à diminuer par suite de l'émigration vers la ville et ensuite on ne trouve plus dans les ménages le même nombre d'enfants dont ils se composaient autrefois.
L'organisation municipale est comme dans toute la France,

 

 

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réglée par les dispositions de la loi du 5 avril 1884. La commune a 10 conseillers municipaux et elle est administrée par un maire assisté d'un adjoint. Il y a un secrétaire de la mairie, un garde-champêtre et un valet commun Pour les cultes, elle est desservie par un prêtre qui porte le nom de Curé. La perception ainsi que les postes et télégraphes sont au chef-lieu. Il n'y a qu'une seule distribution par jour. La valeur du centime est 22f.32 et les recettes ordinaires s'élèvent à 4300 francs..

III

Le territoire de la commune de Bazet se divise en trois parties : terres labourables, prairies et vignes.
Les cultures principales sont : le froment, le maïs et les pommes de terre. L'assolement le plus en usage étant biennal, on cultive le blé après le maïs ou la pomme de terre, et ceux-ci après le blé. Le propriétaire se permet de faire une troisième récolte en trèfle noir, trèfle incarnat ou en sarrazin.
Il est vrai que les deux premiers sont d'excellents pâturages pour les bestiaux et que le 3e est une bonne nourriture pour les oiseaux de basse-cour. Mais le cultivateur est trop confiant dans la fertilité du sol.
Aussi, depuis quelques années, il est souvent déçu dans ses espérances de rendement et cela parce qu'il ne donne pas à la terre ce qu'elle lui demande. Il ne peut pas en être autrement ; en effet : d'abord l'épuisement du sol par les cultures qui s'y succèdent sans interruption et ensuite le manque de fumure ne peuvent amener que des produits très médiocres. Nos cultivateurs savent bien qu'ils devraient et qu'ils pourraient combler ce déficit de fumure en augmentant leurs têtes de bétail, ou au moyen des engrais chimiques ; mais le manque de capitaux et de bras ajouté au poids des impôts, entravent et arrêtent tous leurs projets. Ils comprennent aussi que si la terre donnait autrefois des rendements supérieurs, c'était par suite de jachères que l'on faisait, mais ce mode d'assolement n'est plus possible aujourd'hui à cause du morcellement de la propriété. Il serait à désirer que des champs d'expérience fussent établis dans le département et que des syndicats s'organisassent. C'est là que nos bons cultivateurs pourraient s'inspirer des excellentes méthodes employées dans nos fermes-écoles et qu'ils convaincraient des avantages qui résultent des bonnes associations agricoles.

 

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Les procédés de culture en usage dans la localité sont les suivants : On laboure la terre à l'aide de la charrue ordinaire, traînée par des animaux, le plus généralement par des vaches. Ni la charrue Dombasle avec avant-train, ni la charrue désignée sous le nom de double-brabant ne sont pas encore connues. Après avoir labouré, on fait passer sur le terrain un rouleau uni de bois ou de pierre, traîné par des animaux d'attelage. Le rouleau brise-mottes n'est pas employé. Arrive ensuite le hersage. La herse consiste en un châssis de bois à 3 ou 4 côtés et hérissé au-dessous de dents de fer. Comme il n'est pas en usage dans notre localité de semer le blé en lignes, le sarclage de cette récolte ne se fait pas. Cependant cette opération se pratique pour le maïs et les pommes de terre, au moyen de la charrue ou d'un instrument qui sert à butter la terre, appelé vulgairement rasérot.
Un hectare de froment donne en moyenne 15 hectolitres
Un hectare de seigle 18 hectolitres
Un hectare de méteil 16 hectolitres
On sème le maïs quand le retour des gelées n'est plus à craindre, c'est-à-dire de fin avril à fin mai. Le terrain est préparé comme il est déjà dit et ensuite quadrillé au moyen du rayonneur appelé Marquoir. Les grains de maïs sont placés à chaque point d'intersection. Quand les jeunes pieds montrent leur 3e ou 4e feuille, on leur donne un premier binage, 15 ou 20 jours après on bine de nouveau, et enfin une 3e fois lorsque la floraison approche. Après la floraison on écime la tige. La partie retranchée est donnée comme fourrage au bétail. Un hectare de maïs donne en moyenne 28 hectolitres.
Depuis 3 ou 4 ans, la culture de la pomme de terre a pris une grande extension dans notre commune. Elle fournit une nourriture excellente pour les hommes et pour les animaux. Une sorte de maladie qui altérait ses tubercules a disparu. On sème les pommes de terre en lignes tracées à la charrue ou au Rayonneur, éloignées d'environ 0m.70 ou 1m. 40 selon la richesse du sol et la variété cultivée. Elles sont binées et buttées avec soin et on les arrache en août et septembre. Un hectare de pommes de terre produit en moyenne 150 hectolitres.
On sème le sarrazin à la volée immédiatement après

 

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l'enlèvement du froment, du seigle ou du méteil. On le récolte quand ses tiges sont rougeâtres. On les coupe avec la faucille ou la faux et on met les tiges en faisceaux. On le laisse fermenter en tas pendant quelques jours et ensuite on le bat en plein air avec le fléau. Le grain de sarrazin n'est utilisé que pour la nourriture de la volaille. Plusieurs cultivateurs espérant obtenir de leurs terres un rendement plus rémunérateur, essayent cette année la culture du tabac.
Les particuliers ne possèdent pas de bois proprement dits. Ils retirent en grande partie leur bois de chauffage des bordures qu'ils laissent pousser sur les limites de leurs propriétés.
La commune possède environ 15 hectares de bois et forêts dont l'essence dominante est le chêne. La plus grande partie est soumise au régime forestier. Il y a 15 ans, la commune, pour parer à la dépense de la reconstruction de l'église, vendit des chênes plus que séculaires excroissants sur une surface d'environ 5 hectares, qu'elle repeupla en peupliers.
Aujourd'hui on voit ceux-ci s'élever au milieu de massifs de jeunes chênes qui formeront sous peu d'années un magnifique taillis. Le produit annuel de nos forêts consiste en la valeur d'une coupe ordinaire de 5 à 600 francs.
Avant 1852, notre territoire était aux 2/3 couvert de vignes hautes donnant une quantité considérable d'un vin excellent, principal revenu des habitants. Mais l'opiniâtreté avec laquelle l'oïdium a résisté et résiste encore aux moyens employés pour le combattre, a obligé les propriétaires à arracher leurs vignobles en grande partie ; aujourd'hui on ne voit plus que le 1/5 de ceux d'autrefois. Le peu qui reste est l'objet des plus grands soins, mais tous les efforts et tous les sacrifices sont anéantis par le Mildiou qui sévit depuis trois ou quatre ans. Certains propriétaires ont aspergé leurs vignes avec une dissolution de sulfate de cuivre et de chaux. Les feuilles ne sont pas tombées, ou au moins leur chute a été retardée, et les raisins ont bien mûri. A l'heure qu'il est, on est indécis sur l'apparition du phylloxéra.
Le rendement de la vigne est presque insignifiant relativement à celui d'avant 1852. Un hectare produit en moyenne 10 hectolitres.
Nos prairies sont dignes d'être citées. Elles sont d'une irrigation très facile et produisent un fourrage d'excellente qualité. Une première

 

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coupe d'herbe appelée foin, se fait vers fin juin ou commencement de juillet, au moyen de la faux. Une 2ème, appelée Regain, se fait demi-août à mi-septembre, de la même manière que la première . Après ces 2 récoltes, il pousse une 3ème herbe, nommée vulgairement Reborg, qui donne un pâturage bon et abondant.
Un hectare de pré produit en moyenne 40 quintaux métriques de foin et 28 quintaux de regain.
Dans notre commune, on trouve les bêtes à cornes de la belle race Lourdaise donnant un lait bon et abondant qui se consomme sur place, race dont le véritable type est si bien représenté dans les concours régionaux par les animaux de Mr. Grazide notre excellent maire, qui, depuis 20 ans, a été plus d'une fois proclamé 1er lauréat. Pour le travail, on emploie les animaux de race béarnaise ou gasconne. On y voit les juments de la race très estimée du pays, produisant des chevaux de sang ou propres à la cavalerie légère et des mulets très recherchés. O n fait l'éducation en grand de la volaille, surtout des oies et des canards.
Quant aux usines, elles sont mues par l'eau et il n'y a qu'à les citer : Un moulin à farine et une scierie mécanique. Cette dernière, grâce à un système de transmission, est transformée en batterie à la saison.
Bazet a dans ses murs de grandes artères viables : une route nationale longeant du midi au nord la voie ferrée de Tarbes à Bordeaux ; un chemin de grande communication de l'Est à l'Ouest, sans parler de plusieurs chemins vicinaux qui le traversent en tout sens.
Le chemin de grande communication relie la route nationale N° 135, de Tarbes à Bordeaux à la route nationale, N° 21, de Tarbes à Auch. Cette voie est traversée par l'Adour, fleuve sur lequel la commune, grâce aux subsides accordés par l'Etat, fit reconstruire un pont en bois, en 1878, pour remplacer celui qui fut emporté par l'inondation de 1875.
Pour se rendre aux foires ou marchés des villes voisines, on emploie les voitures particulières. Pour aller au chef-lieu de département, on peut profiter d'une voiture publique qui fait journellement le service de transport de Maubourguet à Tarbes et vice versa. La voie ferrée traverse notre territoire et se trouve à quelques minutes de la commune. Les habitants

 

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ne s'expliquent pas pourquoi l'administration des chemins de fer n'a pas sonné droit à la demande d'arrêt ou halte, qui a été faite. Il est certain que si la population y gagnait, la compagnie n'y perdrait pas ; car on se servirait de ce moyen de transport pour se rendre aux foires ou marchés de Tarbes - Lourdes - Tournay - Vic - Maubourguet et Rabastens, et aux voyageurs de Bazet viendraient se joindre beaucoup d'autres des communes limitrophes.
Le commerce local est très restreint ; chaque ménage retire de ses terres ce qui lui est nécessaire pour l'entretien de sa famille. La commune possède plusieurs magasins d'épicerie et 3 débits de boissons.
Les mesures anciennes encore en usage dans la localité sont : la livre (1/2 kilo), le journal (22 ares 43). Le tisserand continue à se servir de la canne (mesure de longueur de 8 empans). L'emploi de ces mesures tend de plus en plus à disparaître et le jour n'est pas éloigné où elles seront bannies du vocabulaire local.

IV

Bazet porte un nom de baptême qui, à défaut de documents historiques, laisse beaucoup à désirer quant à l'intelligence de sa réelle signification.
Comme il n'est pas d'effet sans cause, on ne peut s'empêcher d'attribuer son nom à quelque événement personnel ou local. En tâtonnant dans les ombres de l'inconnu, et en décomposant le mot Bazet, nous remarquons la racine adjectif Bas et la terminaison verbe est, d'où le barbarisme Bazet avec un Z. Est-ce à dire qu'il porte ce nom parce qu'il est situé aux pieds des Pyrénées ? Mais les nombreux villages qui avoisinent Tarbes partagent cette situation avec celui de Bazet - Paraît-il plus rationnel de s'arrêter à la pensée qu'un jour, et dans un temps plus ou moins éloigné de l'époque du déluge, un homme nommé Bazet serait venu fixer ses vieux pénates dans ce coin de terre jusqu'alors inhabité, et que comme Améric a laissé son nom au nouveau continent l'Amérique, il n'aurait pas lui aussi et longtemps avant ce dernier, donné son nom au petit coin dit Bazet, sans nom jusqu'à ? Avouons-le, cette interprétation est assez hasardée, et son étymologie reste pour nous à l'état de mystère.
L'idiome local est le patois bigourdan, avec une teinte espagnole, lequel ne manque pas de grâce, bien qu'il sonne assez durement à l'oreille.

 

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Il est assez difficile à écrire. On chante peu, mais convenablement à Bazet. On n'entend plus sur les rues ces chansons obscènes, ni d'une moralité douteuse et depuis que la musique est obligatoire dans les écoles, on chante et fredonne les airs qu'on y a étudiés, surtout les airs patriotiques, tels que La Marseillaise. Les marins de la République - Le Drapeau - Le forgeron de la paix. Les belles chansons patoises de Despourrins ne sont plus connues que de nom ; c'est regrettable. Les vieillards seuls ont souvenance de ces mélodies populaires dues à la plume d'un compatriote.
Les mœurs des habitants de Bazet sont pures et douces ; ils sont affables, intelligents et braves ; la gaieté est un caractère saillant de leur humour jamais de dispute, et si quelque discussion surgit, elle se termine toujours sans rancune.
A cette gaieté un peu railleuse du gascon, ils joignent un grand amour de l'indépendance et peut-être un peu trop enclins au plaisir, ils ne tirent pas tout le parti possible d'un territoire aussi productif. Ils sont passionnés pour la danse. On trouve dans la commune plus que les musiciens nécessaires pour composer un bon orchestre. Le jour de la fête patronale, chaque famille se met en dépense pour recevoir et régaler les amis, et la clarinette et le piston résonnent pendant 2 jours sur la place publique. Les pratiques superstitieuses d'autrefois ont presque entièrement disparu.
Les gens de Bazet professent le culte catholique, mais avec une certaine indifférence. Leurs costumes sont ceux de la ville. Le dimanche, l'ouvrier pourrait être facilement pris pour un bourgeois. Les jours de travail, pendant l'été, le cultivateur porte à la tête un chapeau en joncs, à larges bords, et des sandales aux pieds ; pendant l'hiver, il est coiffé d'un béret et chaussé de gros sabots ferrés avec guêtres allant jusqu'au genou, d'une espèce de burnous en toile d'étoupe, appelé chamarre , en langue du pays. Les femmes s'habillent avec une simplicité qui n'est point sans goût ni sans quelque recherche ; comme habit de deuil, elles portent le capuchon et le capulet.
Depuis quelques années le système d'alimentation est complètement changé. On ne connaît plus le pain de maïs ; on consomme le pain de froment. La garbure traditionnelle est en honneur dans la commune, ainsi que le porc salé. Les légumes occupent une large place

 

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dans les repas. Les oiseaux de la basse-cour sont en partie consommés et la viande de boucherie devient de plus en plus d'un usage fréquent. La boisson en usage est le vin fabriqué avec des raisins secs ; il figure sur la table de l'ouvrier comme sur celle du Rentier.
En fait d'édifice communaux, on remarque à Bazet une mairie assez fraîche de jeunesse, ne faisant qu'un même tenant avec le presbytère et les maisons d'école, à physionomie semblable.
En face, se dresse l'église avec son clocher à flèche hardie, surmonté d'un paratonnerre et armé de 3 cloches avec lesquelles un habile musicien joue régulièrement des cantiques, même des quadrilles et la polka. Si nous portons nos regards jusque dans l'église, nous admirons 3 nefs et 4 autels qui le disputent en élégance, en richesse et en beauté avec le dallage en mosaïque.
A droite et à gauche, nos yeux s'arrêtent avec satisfaction sur des vitraux peints par un habile artiste de Toulouse. Au-dessus de nous, une voûte en brique et à plein cintre.
Parlons maintenant du vieux château-fort qui est le monument le plus antique, et, par cela même le plus intéressant de la monographie de la commune de Bazet.
Comme château, il n'en reste plus de traces. Immédiatement après l'émigration des seigneurs, vers la fin du siècle dernier (1793), le marteau et la poudre à canon en eurent raison et en firent ample justice.
Testent les dépendances attenantes à l'ancien manoir seigneurial sur un parcours bien agrémenté d'environ 45 arcs, où l'œil du visiteur se plaît à admirer les fossés-fortificaion qui l'entouraient et le protégeaient de toutes parts.
Son attention ne se porte pas moins sur la place qu'occupait le pont-levis et surtout sur le parapet et l'esplanade mesurant une longueur de 30 mètres sur 2 mètres de large, où l'on arrive au moyen d'escaliers en dalles de granit de montagne, ayant main-courante en brique de chaque côté.
Le dernier tableau est celui des oubliettes converties aujourd'hui en habitation bourgeoise. D'une adhérence indissoluble, les murs du cachot, larges de 1m,10 offrent une hauteur d'environ 20 mètres sur un carré de 10 mètres de face.
Parfaitement conservées, grâce au bon entretien du propriétaire qui les habite, les oubliettes de cet ancien château-fort, dont le dernier

 

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Seigneur avait nom : Le Marquis de Montesquieu de Fezensac laissent voir encore les meurtrières à bouche de canon, ainsi que la place des créneaux aujourd'hui édentelés.
Bâties sur une éminence factice d'environ 5 mètres au-dessus du niveau de la plaine, elles ont survécu à nous ne savons combien de siècles. A défaut de pancarte, de parchemin et d'autres documents historiques, l'opinion publique s'accorde à juger qu'elles datent du temps déjà éloigné où les Romains dominaient sur les Gaules.
C'est là une antiquité respectable qui promet de survivre on ne sait à combien de siècles encore. Et, comme autrefois, Napoléon 1er disait à son entourage qui lui reprochait sa témérité héroïque " Le boulet qui doit m'atteindre n'est pas encore fondu " nous pouvons dire aujourd'hui " L'homme qui survivra à ce monument antique est encore à naître ".
Avant 1841 la commune ne possédait pas de mairie. Le maire était dépositaire des archives communales. Jusqu'à cette date, plusieurs maires se sont succédé, et soit intérêt, soit incurie, soit tout autre motif, ils ont gardé ou laissé égarer les documents qui auraient pu permettre d'établir l'étymologie du nom de la localité et l'histoire municipale.
Annexe au titre IV

Il existe cependant le livre terrier portant la date du 25 9bre 1690 ; 3 registres de délibérations du conseil municipal, dont le plus ancien remonte à 1790, le tout couvert en parchemin. Les actes de l'état civil figurent dans nos archives à partir de 1665 ; la plupart des plus anciens sont écrits en latin.
En parcourant ces vieux feuillets, nous avons trouvé à la date du 1er prairial, an XI, que le conseil général de la commune de Bazet, vu la loi du onze floréal, titre II, relative aux écoles primaires, a délibéré :
1°- Qu'il serait fourni à l'instituteur une salle pour son logement et une autre pour y tenir les écoles
2°- Que le traitement annuel était fixé à 2 mesures combles de carrou, aujourd'hui méteil, pour chaque élève à qui il apprendrait à lire, écrire et calculer, et à une mesure comble, même grain pour les abécédaires, ou lisant seulement.
L'instituteur était obligé d'enseigner :
1°- Les principes de lecture, d'écriture et de calcul décimal
2°- A chanter méthodiquement aux offices divins
3°- Il devait assister le prêtre dans toutes ses fonctions

 

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4°- Faire 2 fois catéchisme par semaine
5°- Il était encore chargé de mesurer le vin qu'on vendait dans la commune, fonctions qui lui donnaient un salaire de 1f. par char et qui se sont continuées par les institutions jusqu'en 1844.
Après son installation, l'instituteur exprimait de profonds remerciements.
Jusqu'en 1813, plusieurs instituteurs se sont succédé, mais tous recevaient les mêmes émoluments et étaient assujettis aux mêmes charges.
Ailleurs, à la date du 4 juin 1838, on trouve une autre délibération par laquelle le conseil municipal, vu les dispositions de la loi du 28 juin 1833, fixe le traitement de l'instituteur à la somme de 200f., vote une imposition extraordinaire de 63f.45 montant des 3 centimes additionnels et laisse à la charge du département ou de l'Etat le complément de 136f.55.
Avant 1840, l'enseignement primaire se donnait dans une vieille maison, plutôt masure, située sur la petite place du moulin.
Elle était construite en murs de pisé et couverte en tuiles à canal.
Elle se composait de deux chambres, l'une servant de salle d'école et l'autre de logement à l'instituteur.
La maison d'école actuelle était une ancienne riche maison bourgeoise que la commune acheta en 1841, au prix de 7000f., pour en faire le presbytère, la mairie, le logement de l'instituteur et celui de l'institutrice. Elle est située entre l'église, le presbytère et la place publique Lasclottes : immédiatement après l'acquisition, l'instituteur occupa le nouveau local ; il faisait la classe dans une vaste cave.
En 1862, la commune fit approprier et élever cette maison et grâce aux secours accordés par l'Etat, on y trouve aujourd'hui, dans un état convenable :
1°- Une salle d'école pour les garçons ayant 6m.80 de long, 6m.65 de lare et 3m.30 de haut ;
2°- Une salle d'école pour les filles ayant 6m.65 de long, 5m.45 de large et 3m.30 de haut ;
3°- Un logement pour l'instituteur
4°- un logement pour l'institutrice
5°- Une salle pour la mairie.

Plan des locaux des maisons d'école de Bazet

Plan des locaux des maisons d'école de Bazet
Plan des locaux des maisons d'école de Bazet


Le matériel des classes est aussi dans un état convenable.
Il est regrettable que dans la vaste basse-cour il n'existe pas un préau

 

 

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couvert où se feraient les exercices militaires et les exercices de gymnastique qui forcément doivent être faits dans la salle d'école, les jours de mauvais temps ou d'un soleil trop ardent.
Les parents envoient assez régulièrement leurs enfants en classe, aussi l'état de l'instruction dans notre localité est satisfaisant. Depuis plusieurs années, tous nos conscrits savent lire et écrire, et il est fort rare que des conjoints ne sachent pas signer leurs noms.
L'école des garçons réunit en moyenne de 40 à 45 élèves.
L'école des filles arrive au même chiffre.
La première possède une bibliothèque fondée en 1865, grâce aux sacrifices de la commune, aux libéralités d'un particulier et aux dons de livres de Mr. Le Ministre de l'instruction publique. Elle compte 53 volumes. C'est peu car la population aime la lecture. Le nombre de prêts pour 1886-87 est de 28. Quand les livres de la bibliothèque cantonale ont été lus et relus, plusieurs lecteurs vont puiser à la bibliothèque cantonale de Tarbes, à la fondation de laquelle notre commune a fourni son contingent.
A la session de mai 1886, le conseil municipal vota une somme de 30f. pour la caisse des écoles-les fonds n'ont pas encore été employés. L'école des filles a 7 livrets de caisse d'épargne scolaire.
Les traitements des maîtres actuels sont les suivants :
Instituteur 1300 francs
Institutrice 900 francs

Fait à Bazet, le 13 avril 1887, par l'instituteur soussigné, J.M. Caussade

 

Copie du texte: Janine Cénac
 

Amicale des Bigourdans de Paris

 


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