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Monographie élaborée en 1887 par l'instituteur du Bout-du-Pont (65).
ce travail a été demandé à tous les instituteurs de France. Ces monographies
peuvent être consultées aux archives départementales.
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Monographie
du BOUT DU PONT
Géographie physique
– Le quartier du Bout du Pont est la réunion de trois
hameaux, dépendant de Tarbes, d’Aureilhan et de Séméac.
Il est borné au nord, par Aureilhan ; au sud, par Séméac,
à l’est par Sarrouilles ; à l’ouest, par
Tarbes. Il est séparé par l’Adour du chef-lieu
de canton, d’arrondissement et de département. Il est
situé dans la plaine. Comme il y a beaucoup de prairies, il
est sillonné par des ruisseaux et de petits canaux d’irrigation.
Le seul cours d’eau important est l’Adour, qui, par ses
crues, inonde et ravage parfois les propriétés qui la
bordent.
L’eau potable se trouve dans les fontaines et les puits qui
sont très nombreux.
Le Bout du Pont est à une altitude de 313m,25. Son climat est
tempéré, mais variable, assez pluvieux. Les vents soufflent
de l’océan Atlantique, à la fin de l’automne,
en hiver et au commencement du printemps, mais avec peu de force.
Les pluies sont abondantes en hiver, en été, beaucoup
d’orages qui
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sont bien souvent accompagnés de grêle.
La température moyenne est de 0°75, en hiver et de 21°5,
en été. Le pays est très salubre.
II
Population – La population du Bout du Pont
est de 1027 habitants. Ce chiffre tend à s’accroître
parce que le quartier est très agréable, des étrangers
viennent s’y établir comme locataires ou comme propriétaires.
Tous les jours on y construit des maisons. Le nombre de feux est de
425.
Organisation – Il y a trois conseillers municipaux pour la commune
de Séméac, dont l’un est adjoint au maire ; deux
pour la commune d’Aureilhan, dont l’un est aussi adjoint
au maire ; il n’y en a pas pour la commune de Tarbes.
Les habitants du quartier assistent aux offices, soit à Aureilhan,
soit à Séméac, soit à Tarbes.
Deux fois par jour, le matin à sept heures le soir à
quatre heures, deux facteurs des postes et télégraphes
arrivent pour porter les correspondances, l’un dessert Aureilhan,
l’autre Tarbes et Séméac.
Les percepteurs des trois hameaux résident à Tarbes.
III
Productions – Les productions agricoles sont : le froment
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le seigle, le méteil, l’orge,
l’avoine, le maïs, les haricots, le sarrasin, le millet,
la pomme de terre, les choux, les navets, la luzerne, le sainfoin,
le trèfle, le farouch. La principale culture est celle du maïs.
Procédés de culture – Le blé, l’orge,
l’avoine sont ensemencés en novembre, en décembre
et en janvier. On fume la terre, on répand les grains à
la volée et on les enfouit par un profond labour en billons
de 4,6 ou 8 sillons ; ensuite on brise les mottes.
Au printemps, on enlève les mauvaises herbes ; à la
fin juillet et au commencement d’août, on moissonne avec
la faux, la faucille ou la moissonneuse ; on dépique les céréales
avec les batteuses hydrauliques ou à vapeur, peu avec le fléau
et le rouleau.
Le maïs, les haricots et la pomme de terre se sèment en
avril et en mai : On fume la terre, on la laboure profondément,
on herse, et, avec le marquoir on trace des lignes longitudinalement
et transversalement ; à leur intersection, on met deux grains
de maïs et deux autres de haricots, ou une pomme de terre en
entier ou en partie, selon le nombre de ses bourgeons. On recouvre
le maïs et les haricots avec le pied, les pommes de terre avec
la houe à cheval. Lorsque les plants ont poussé, on
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les bine et on les sarcle trois ou quatre fois.
En octobre et en novembre, on récolte ces produits.
Le millet, le sarrasin, le farouch, le trèfle, la luzerne et
le sainfoin se sèment après le blé (on fait deux
récoltes par an sur le même terrain).
On cultive les choux comme les pommes de terre ; ceux d’hiver
se sèment après le blé ou les pommes de terre.
Le quartier ne possède ni bois ni forêt.
Animaux – Les principaux animaux sont : le cheval, l’âne,
le mulet, le bœuf, la vache, le mouton, la brebis.
On chasse dans les environs et on pêche à l’Adour,
aux époques fixées par l’administration préfectorale.
Usines et moulins – Au Bout du Pont, se trouvent un moulin et
trois usines dont deux hydrauliques et une à vapeur. Dans l’une
des usines hydrauliques, il y a une scierie et une menuiserie mécaniques
;
Dans l’autre, on construit des batteuses, des pressoirs, des
ventilateurs, des égrenoirs, des instruments oratoires.
L’usine à vapeur est très vaste et très
renommée ; elle est d’une grande importance. Il y a une
tuilerie, une briqueterie et une poterie.
L’argile employée est extraite de carrières situées
sur la côte de Sarrouilles.
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Voies de communications – Le quartier
est traversé par les routes nationales N° 21 de Paris à
Barèges et N° 117 de Tarbes à Toulouse. Il y a encore
lez chemins vicinaux de grande communication vers Aureilhan, Bours,
Bazet… et vers Soues, Salles-Adour, Bernac-Debat…entretenus
par ces communes, et les chemins vicinaux de petite communication
entretenues par les communes de Séméac et d’Aureilhan.
Ponts – A l’ouest du quartier se trouve le pont de l’Adour,
construit en 1876.
Voies ferrées – Le quartier est encore traversé
par les voies ferrées de Tarbes à Toulouse et à
Bagnères de Bigorre. Une station, appelée Marcadieu,
permet aux voyageurs de s’arrêter au Bout du Pont.
Deux passages inférieurs sous deux ponts métalliques,
sont pratiqués à droite et à gauche de la station
; ils permettent aux voyageurs de circuler lorsque la voie est fermée.
On communique facilement avec Tarbes : on n’a qu’à
franchir le pont de l’Adour.
Commerce – Au Bout du Pont, il y a beaucoup de commerçants
; on trouve plusieurs épiciers, des limonadiers, des aubergistes
chez lesquels les gens de la campagne s’arrêtent lorsqu’ils
vont au marché de Tarbes ; il y a aussi trois boulangeries,
deux pharmacies, et deux bureaux de tabac.
IV
Etymologie du nom – Le Bout du Pont est ainsi appelé
parce qu’il se trouve à l’une des extrémités
du pont
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de l’Adour.
Mœurs et culte – Les habitants sont bien civilisés
et assez instruits ; le culte général est le catholicisme.
Costumes – Les hommes portent le pantalon ordinaire, le gilet,
la redingote, le veston, la blouse ou le tricot, ils sont coiffés
d’un chapeau, d’une casquette ou d’un béret.
Les femmes portent des robes simples ou garnies, des vestes ou des
casaques, elles se coiffent avec un mouchoir ou un chapeau, plusieurs
ne mettent rien à la tête. Tous se chaussent avec des
bottines, des souliers, des sandales ou des sabots.
Alimentation – L’alimentation se compose de pain, de vin,
de viande, de légumes, de café, etc…
Annexe au titre IV
Enseignement
Historique de l’enseignement – Description des écoles
– Jusqu’au 1er octobre 1884, le quartier du Bout du Pont
n’avait pas d’école. Les enfants étaient
obligés d’aller en classe à Tarbes, à Aureilhan
ou à Séméac ; le trajet qu’ils avaient
à faire les fatiguait beaucoup. Les habitants du quartier,
d’un commun accord, demandèrent la création d’une
école de garçons et d’une école de filles.
Etant reconnues d’une grande utilité, ces écoles
furent fondées le 1er octobre 1884. Elles sont installées,
l’une et l’autre, dans un même local situé
sur le bord de la route de Séméac, l’école
des
(voir la suite après les plans des locaux scolaires)

maison d'école du Bout-du-Pont
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Filles au rez-de-chaussée, celle des garçons
au 1er étage. Ce local a été loué au prix
annuel de quatre cents francs, pour une durée de trois ans
à partir de la fondation des écoles. Deux cours distinctes,
clôturées par des planches, en dépendent ; un
cabinet d’aisances est établi dans chaque cour.
Les salles de classe ont même longueur
12m44 et même largeur, 4m52 ; la surface est de 56m25. La hauteur
pour la salle des garçons est de 2m90 et pour celle des filles,
de 3m01. La salle des garçons a trois fenêtres au midi,
une à l’ouest et une porte d’entrée à
l’est ; un escalier situé à l’est donne
accès dans cette salle.
La salle des filles, a, au midi, deux fenêtres et une porte
d’entrée, une fenêtre à l’est et une
autre à l’ouest.
Le logement des maîtres (instituteur et institutrice mariés)
est situé à Aureilhan, route de Sarrouilles et au premier
étage d’une maison qui est éloignée de
la maison d’école. Il comprend trois pièces ;:
une petite cuisine, un petit cabinet servant de chambre à coucher
et une chambre à coucher servant de salle à manger.
De plus, comme décharge, il y a deux petites mansardes et une
petite cave. Le prix du loyer est de deux cents francs par an ; il
y a un bail de trois ans à partir du 1er octobre 1884.
Les besoins ne sont pas du tout satisfaits : le local scolaire est
de beaucoup trop petit pour le nombre d’élèves
qu’il doit recevoir. Le logement des maîtres
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est bien insuffisant pour un instituteur et une institutrice, il faudrait
d’autres pièces, il devrait être à proximité
de l’école : alors la surveillance serait plus facile,
car, les maîtres doivent se rendre à l’école
demi-heure ou trois quarts d’heure avant la rentrée en
classe.
Fréquentation – Etat de l’instruction – Les
écoles ont toujours été fréquentées
par 110 à 150 garçons et 60 à 90 filles ; il
y a peu d’absences. L’instruction est assez avancée
et elle fait des progrès tous les jours. En 1886, il n’y
a pas eu de conscrit illettré ni de conjoint qui n’a
pu signer son nom.
Bibliothèque – La bibliothèque a été
fondée cette année ; l’instituteur s’est
mis à la tête d’une souscription qui a produit
131 francs. Cette somme a été divisée en deux
parts : l’une de 40 francs pour paiement d’une armoire-bibliothèque,
l’autre de 91 francs pour achat de livres à la librairie
Paul Dupont de Paris. Ces ouvrages ne sont pas encore arrivés
; aussi aucun prêt n’a pu être fait.
Caisse des écoles – Caisse d’épargne scolaire
– Il n’y a pas de caisse des écoles. Il n’y
a pas non plus de caisse d’épargne scolaire : les enfants
appartiennent la plupart à des familles d’ouvriers pauvres
; en outre, comme ils sont près de Tarbes, où se trouve
une caisse d’Epargne, les parents vont placer eux-mêmes
l’argent qu’ils donnent à leurs enfants.
(Voir la suite après la carte de
la commune)

Quartier du Bout du Pont
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Traitement des maîtres – Le traitement de l’instituteur
est de 900 francs plus une allocation de 100 francs pour le brevet
supérieur ; celui de l’institutrice est de 800 francs
plus 100 francs pour le brevet supérieur.
Améliorations nécessaires – Pour améliorer
la situation de l’école et celle des maîtres, les
communes intéressées devraient louer des locaux plus
spacieux ou faire construire deux maisons d’&école
assez éloignées, l’une pour les garçons,
l’autre pour les filles. Il faut espérer que ces améliorations
seront réalisées avant peu de temps.
Nom de l’Instituteur

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| Copie
du texte: janine CENAC |
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Amicale des Bigourdans de Paris
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