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Monographie de la Commune
de CAMPUZAN
La commune de Campuzan fait partie du canton
de Castelnau-Magnoac, de l’arrondissement de Bagnères et du département des
Hautes Pyrénées. Elle est située dans le bassin
de la Garonne.
Elle est bornée au nord par la
commune de Puntous, au sud par les communes de Tournous-Devant et
Betpouy, à l’est par les communes de Betpouy et Hachan,
à l’ouest par les communes de Libaros et Puydarrieux.
Elle a une superficie totale d’environ
630 hectares et est distante de huit kilomèrtres du chef-lieu
de canton, de quarante trois kilomètres du chef-lieu d’arrondissement
et de trente sept kilomètres du chef-lieu de département.
Campuzan est situé sur le penchant
d’une faible colline partant du plateau de Lannemezan; cette
colline va s’affaissant vers le nord. On y trouve de la marne,
de qualité inférieure dans divers endroits connus par
les habitants au pays sous le nom de marnières.
Un cours d’eau lui sert de limite au
couchant : la Baïsole, qui a un débit de 14 hectolitres
par minute environ. Cette rivière est sujette à d’assez
fortes crues au printemps par suite des pluies, quelquefois abondantes,
et surtout de la fonte des neiges des Pyrénées. On se
souvient surtout de celles de 1845, 1855, 1875 et 1885. La Baïsole
est alimentée par un des canaux dérivant de la Neste.
L’eau potable est fournie par plusieurs fontaines et quelques
puits..
La commune de Campuzan se trouve à
une altitude de trois cent vingt deux mètres environ au dessus
du niveau de la mer. Par suite, le climat est tempéré,
les vents sont fréquents et forts, surtout le vent d’autan.
Le voisinage des Pyrénées et des deux mers nous amène
des pluies assez fréquentes et des changements brusques de
température. La salubrité du lieu ne laisse rien à
désirer.
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La population de Campuzan est de 251 habitants.
Ce chiffre tend à diminuer en raison de l’émigration
vers la grande ville où l’on se figure trouver le bien
être avec moins de travail. Elle est divisée en six quartiers
principaux entre lesquels est répartie la population et compte
65 feux. La commune est administrée par dix conseillers municipaux
parmi lesquels un maire et un adjoint. Elle est desservie pour les
cultes par un prêtre catholique. Elle appartient à la
perception de Castelnau-Magnoac et le service des postes et télégraphes,
lui, est assuré par les bureaux du chef-lieu de canton.
La valeur du centime est de 0,20105 et les
revenus ordinaires de 800 francs.
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La superficie du territoire agricole est divisée comme
il suit : céréales, 112 hectares, grains alimentaires,
6 hectares, tubercules et racines, 12 hectares, prairies artificielles,
12 hectares, prairies paturelles, 122 hectares, autres cultures arborescentes,
25 hectares, vignes, 50 hectares, bois et forêts (non soumis
au régime forestier), 275 hectares.
On voit par cette statistique que la culture
du blé domine. Les cultivateurs mettent en usage, autant que
possible, les procédés nouveaux de culture. La vigne
ne donne plus aujourd’hui, qu’en petite quantité,
un vin de mauvaise qualité; on ne croit cependant pas à
la présence du phylloxéra. Le paysan a, à son
service, les animaux les plus communs; mais il ne s’attache,
d’une manière toute spéciale à l’élevage
d’aucun, bien que l’on y trouve les produits de toute
sorte. On croit généralement ici que les revenus les
plus nets provenant des animaux sont dans la reproduction du porc
et dans le croisement de l’espèce chevaline. Depuis quelque
temps, le gibier n’abonde pas, aussi les chasseurs sont rares;
la pêche est, aussi, peu pratiquée. On fabrique seulement
de la tuile dans une usine et, encore, sans procédés
mécaniques, et de la faïence, de qualité inférieure,
dans une autre usine.
La commune est sillonnée par plusieurs
voies de communication en assez bon état; on peut surtout remarquer
la route de Tarbes à Castelnau-Magnoac qui la traverse de l’ouest
à l’est, et la route départementale des Pyrénées
au Gers qui lui sert presque de limite au levant. Il n’y a cependant
ni voitures publiques ni diligences au service des voyageurs. Chacun
se procure le moyen de transport qui lui paraît le plus convenable
pour se rendre aux chefs-lieux de canton, d’arrondissement et
de département, aussi les voitures particulières sont
communes. Vainement, on attend la construction d’une ligne de
chemin de fer, depuis longtemps en étude et qui relierait utilement
le département des Hautes Pyrénées au Gers d’une
manière directe. La gare la plus rapprochée de notre
localité est celle de Lannemezan qui est pourtant à
une distance de 17 kilomètres. Il n’y a pas de commerce
spécial local; il consiste tout simplement à l’exportation
de quelques denrées. Les mesures légales sont seules
en usage dans la commune.
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Campuzan vient de Camp,
préfixe conservé pour la formation du nom du lieu
et provenant, dit la légende, de ce que Jules César
campait ici. L’emplacement où se trouve aujourd’hui
le centre du village n’était, il y a quatre vingt ans
environ, qu’une immense forêt faisant partie du domaine
de la couronne. La forêt, bien que restreinte, existe encore
sur une contenance de 225 hectares et est dénommée,
sur le plan cadastral, sous le nom de forêt impériale.
Elle appartient aujourd’hui
à un particulier. Selon les traditions, au sein de cette
forêt, se trouvait une chapelle, considérée
plutôt comme un ermitage, qui a été détruite,
dit-on, en 1789. On se plait, à raconter, encore aujourd’hui,
sur ce monument, certains faits qui ne peuvent être cités
que sous toute réserve et dans le but de nous faire connaître
seulement jusqu’à quel point la bonne foi de nos aïeux
pouvait être exploitée. C’est ainsi que, d’après
la légende, un bœuf aurait découvert une statue
de la Vierge, enfouie non loin de la chapelle. Cette statue aurait
été portée à l’église,
démarche vaine puisqu’elle serait allée, elle
même, se replacer au même lieu. Pensant qu’un
sacrifice lui serait agréable, on lui fit construire une
chapelle spéciale, contiguë à l’église
et cette chapelle et cette même Vierge existent encore.
Le dernier moine connu comme
habitant la chapelle s’était réduit à
mendier, et cette
particularité fit croire aux habitants du pays qu’il
se livrait à cet exercice pour mieux cacher sa
fortune. Il fut assassiné, et dans son appartement, on trouva
six liards. Cette déception ne laissa pas moins croire, encore
aujourd’hui, qu’un trésor est caché sous
les ruines de la construction précitée.
Ce qu’il y a de vrai, c’est qu’un superbe collier
d’or massif a été trouvé, il y a environ
trente ans, par le propriétaire qui cultive aujourd’hui
les environs de la chapelle. Ce collier a été vendu
à un orfèvre pour la somme de 380 francs.
Il n’est pas, à
notre connaissance, qu’aucun personnage célèbre
soit né dans la commune. Le patois languedocien est en usage;
on chante peu; les mœurs des habitants sont paisibles, les
costumes très simples et à la mode du jour. On pratique
le culte avec moins de ferveur qu’autrefois et on s’entretient
avec des aliments sains. Les documents officiels destinés
à l’histoire de la commune font complètement
défaut; il n’y a ni auteurs ni éditeurs.
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Enseignement
Depuis 1851, l’enseignement a été
confié dans la commune de Campuzan à un
instituteur laïque chargé de l’éducation
des deux sexes et régulièrement rétribué
ainsi que le
constatent les registres trouvés aux archives de l’école.
Quelques institutrices privées sont venues s’installer
de loin en loin, mais sans succès notoire. Jusqu’en 1878,
la commune ne possédait pas de bâtiments lui appartenant.
C’est à cette date, seulement, qu’elle a fait l’acquisition
d’une grande maison répondant peu aux besoins de l’enseignement
et exigeant de fortes dépenses pour être convenablement
appropriée. Un legs généreux, ,fait par un de
ses enfants et dont le nom ne doit pas être oublié (DUBOSC
Pierre, aîné, négociant) vint lui créer
une salle d’école convenable ayant pour dépendance
une belle salle de mairie. Cette salle d’école mesure
quinze mètres de long sur cinq mètres cinquante de large
et cinq mètres cinquante de haut, bien aérée
et bien éclairée. Le légataire a eu, toutefois,
le soin de laisser à la charge de la commune la mission de
construire un local pour le logement de l’instituteur. Après
bien des démarches et sur la force de tous les sacrifices possibles,
on est arrivé à obtenir un secours de 5000 francs de
l’ Etat. Aujourd’hui, l’adjudication du local à
construire est faite et il est décidé que ce monument
s’élèvera sur l’emplacement de la maison
acquise.
Depuis l’application de la loi sur l’obligation,
l’école est fréquentée plus régulièrement,
au moins une certaine partie de l’année, mais à
l’époque des travaux agricoles, l’école
redevient déserte, les parents faisant peu de cas de l’obligation
morale. Dans la dernière année, il n’y a eu ni
conscrits illettrés, ni de conjoints n’ayant pu signer.
La municipalité a formé le projet
d’établir une bibliothèque scolaire à l’aide
d’une
souscription volontaire déjà faite. Le traitement de
l’instituteur en fonction est de 1 000 francs.
Comme vœu final, espérons que
le local à construire sera mis à la disposition du directeur
dans le plus bref délai possible.
fait à Campuzan le 8 avril 1887
L’instituteur public
Abadie
(il s'agit de Jean-Marie ABADIE né le
1er juin 1856 et décédé le 25 janvier 1921 à
Campistrous)
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| Copie
du texte: Michel Sauvée |
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Amicale des Bigourdans de Paris
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