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Monographie élaborée en 1887 par l'instituteur de Laloubère (65).
ce travail a été demandé à tous les instituteurs de France. Ces monographies
peuvent être consultées aux archives départementales.
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Monographie
de Laloubère
Situation géographique : limites, étendue,
distance aux chefs-lieux de canton, de l'arrondissement, du département,
description, physique du pays ; relief du sol : montagnes, nature
des roches qui les constituent, curiosités naturelles ; richesses
du sol ; cours d'eau, leurs débits ; leurs crues ; gués
; canaux ; lacs.
Eaux potables.
Sources thermales et autres ; leur débit ; leurs propriétés
; stations thermales ; leur fréquentation.
Altitude ; climat ; vents ; pluies ; température ; salubrité.
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La commune de Laloubère est située dans une charmante
plaine, au midi de Tarbes.
Son territoire a pour limites au levant Soues, au midi Horgues, au
couchant Odos et au nord Tarbes.
Pris dans sa plus grande étendue ce territoire s'étend
du levant au couchant sur une longueur de 2200 mètres, et du
nord au sud sur une largeur de 2100 mètres.
Laloubère se trouve à 2 km de Tarbes qui est son chef-lieu
de canton, d'arrondissement et du département.
Le terrain est plat, cependant le quartier de la Pujolle forme un
petit dos (plaine de l'Adour)

Plan de la commune de Laloubère
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Le sol est riche. Pas un mètre carré
qui ne donne son revenu. On paye les fermes 600 francs l'hectare de
labourables, 290 francs les prés au quartier du château
et 250 francs au quartier de l'Adour.
La commune de Laloubère est traversée par l'Adour, petit
fleuve qui descend des Pyrénées et son débit
moyen est de 7 à 8 mètres cubes et dans les crues qui
arrivent toutes les années, ordinairement au mois de mai et
de juin ce cours d'eau a un débit maximum de 500 mètres
cubes par seconde.
En aval du pont de l'Adour de Tarbes, on a commencé il y a
quelques années, des digues qui encaissent le petit fleuve.
Elles ont depuis leur construction résisté aux crues
que nous avons eues. Il serait nécessaire que ces digues fussent
continuées jusqu'au Pertuis, point sur l'Adour, où les
canaux qui arrosent Tarbes prennent naissance.
Des crues récentes ont détruit en partie les ouvrages
de la prise d'eau, et l'Adour pourrait bien prendre quelque beau jour
la direction des canaux et inonder la ville de Tarbes en détruisant
les prairies qui se trouveraient sur son passage.
Les canaux qui arrosent le reste du territoire et qui dérivent
tous de l'Adour sont : la Gespe, le Canal du moulin, la Gaou Darré
et la Gaou daban.
A travers les couches de gravier qui sont dans toute la plaine de
l'Adour s'infiltrent les eaux de pluie et donnent lieu à Laloubère
à de nombreuses sources.
Voici comment : Laloubère est bâti, en grande partie,
sur un terrain dont le sol jusqu'à une certaine profondeur,
est du gravier, mais il n'en est pas ainsi du côté de
la Pujolle où se trouve le champ de manuvres et l'hippodrome.
Là, la couche de terrain qui se trouve après la couche
arable, est tout à fait
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argileux et ensuite c'est du tuf. L'eau qui
vient à travers les couches de sable et de gravier, rencontrant
ce tuf, sort du sein de la terre et donne lieu à de nombreuses
sources d'eau potable que les habitants utilisent pour les différents
soins du ménage. On peut citer les sources suivantes :
Derrière Lahon - Debat qui a un débit de 44 litres par
minute
Lahon-Debat id 12
Barbé id 12
Haure-Petit id 60
Bayonne id 15
Toutes ces sources se trouvent dans les maisons placées au
levant de l'hippodrome . Dans les autres quartiers on a des puits
dont la profondeur est de 3 à 4 mètres.
Le climat est très bon et les pluies sont abondantes, mais
complètement à découvert, Laloubère est
exposé à tous les vents. Les plus remarquables sont
ceux qui soufflent parfois avec violence au moment des orages. Les
vents du Nord y sont aussi très connus à cause du froid
qu'ils apportent surtout à l'équinoxe du printemps.
Pour la localité, les vents de l'Ouest et du Sud sont un signe
de pluie, les de l'Est et du Nord amènent un temps sec et beau.
(1)
D'une manière générale on peut dire que Laloubère
est très favorisé des pluies pour la fertilité
de son sol ; cependant les habitants trouvent quelquefois qu'elles
tombent trop en grande abondance en automne et en hiver ; et, en retour,
il arrive presque chaque année, qu'elles font défaut
pendant une certaine partie de l'été, ce qui occasionne
une sécheresse plus ou moins préjudiciable.
Laloubère jouit d'une température modérée,
comme le prouve sa moyenne annuelle qui est environ de 13 degrés
(1) L'altitude est 333 mètres.
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Le village de Laloubère est salubre.
Le sol perméable. Les trois quarts des maisons sont bâties
sur des alluvions de l'Adour et son bien aérées. Autrefois
la place de Lagrave, située au centre du village et où
viennent pondre quantité de griffons d'eau douce, était
très malsaine, mais aujourd'hui, elle n'offre aucun danger
pour la santé publique : ce terrain a été drainé
et bien assaini.
L'hippodrome
En 1522, Antoine de Castelnau, seigneur et marquis de Laloubère,
fit cession à la commune de la lande nommée la Pujolle,
à la charge d'une redevance féodale qui devait être
payée annuellement par chaque chef de maison ;
La loi du 17 juillet 1793 abolit les redevances féodales et
la ladite lande devint propriété communale.
En 1808, on y établit le champ de courses, mais il n'avait
qu'un parcours de 1500 mètres. En 1852, la commune acheta quelques
ares de terrain, afin de donner à la piste 2000 mètres.
Alors la société des courses fit construire des tribunes,
elle paya un cantonnier et on passa un bail à ferme avec la
commune. En 1841, dans l'intérieur de l'hippodrome on fit un
champ de manuvre pour la garnison deTarbes. Presque tous les
jours, les deux régiments d'artillerie, le 14e et le 24e, viennent
sur la lande de la Pujolle en traversant le village.
II
Chiffre de la population d'après le recensement de 1886. Ce
chiffre tend-il à diminuer ou à s'accroître ?
Pour quelles causes ?
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Divisions en sections, hameaux, quartiers -
Population approximative de chaque groupe ; nombre de feux ; organisation
municipale, fonctionnaires municipaux et autre.
Comment la commune est-elle desservie pour les cultes, les finances
(perception), les postes et télégraphes.
Valeur du centime - Revenus ordinaires
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Le chiffre de la population d'après le recensement de 1886
est 981 habitants. Ce chiffre tient à augmenter : les habitants
sont laborieux ; ils soignent beaucoup leurs terres et les travaillent
bien : aussi, presque toujours ils ont de bonnes récoltes.
Presque tous font venir des légumes et trouvent ainsi à
vivre à côté de la ville, quoique les neuf dixièmes
payent des fermes. Une autre cause, c'est qu'il y a beaucoup d'ouvriers
de Laloubère qui vont travailler tous les jours à la
ville et se retirent le soir dans leurs maisonnettes. Ces ouvriers
se logent à moitié prix qu'à la ville et n'ont
pas d'octroi à payer.
Ces avantages font que des ouvriers étrangers viennent payer
loyer à Laloubère. Parfois, ils achètent ou construisent
une maisonnette et se fixent définitivement au village.
Le territoire se divise en trois sections : la section A qui comprend
les quartiers de la Chataîgneraie, du Château et de la
Séquette ; la section B qui comprend les quartiers des Barraques,
du Béziau, de Lagrave, du Bousquet, du Village, de la Bergerie
et du chemin de Soues ; la section C qui comprend le quartier du Moulin,
de Lasbaches et de la Gaou daban.
Le village se trouve construit à la section B et il occupe
une partie des quartiers de la Châtaigneraie du
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château, des Barraques, du Béziau,
de Lagrave, du Bousquet du Village, de la Bergerie de Soues. Pas de
groupe proprement dit. Le village a une population de 181 habitants,
256 feux et 235 maisons.
Pour l'administration communale le Maire est assisté d'un seul
adjoint. Le conseil municipal est composé de douze membres.
Le culte catholique est le seul professé dans la localité
où se trouve un desservant assisté d'un vicaire.
Un groupe de communes du canton de Tarbes (sus) forme une perception
dont le chef-lieu est Laloubère.
Pour les postes et télégraphes, la commune est desservie
par les bureaux de Tarbes.
Le centime communal vaut à Laloubère 46,66.
Les revenus ordinaires de la commune consistent dans le produit des
centimes communaux, dans l'attribution sur les patentes, sur la chasse,
sur la taxe des chiens.
Mentionnons encore la vente des branches provenant de l'élagage
des nombreux platanes qui sont sur les places publiques et autour
de l'hippodrome ; la vente de glands, de boues, le prix de la ferme
du champ des manuvres et le prix de la ferme du champ de courses,
le tout donnant un revenu net annuel d'environ 5500 francs.
III
Productions : quantités ; culture principale ; procédés
de culture ; bois et forêts ; essences ; reboisement ; produits
des forêts ; régime forestier ; vignes ; phylloxéra
; date de son apparition ; étendue de ses ravages - Animaux
; troupeaux divers ; chasse
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et pêche
Produits de toute nature : mines et carrières exploitées
ou à exploiter, usines, moulins, manufactures, etc.
Voies de communication : routes, ponts, époques de leur construction
- Voies ferrées et autres moyens de transport ; moyens de communication
avec les chefs-lieux du canton, de l'arrondissement , du département,
voitures publiques, diligences, etc. commerce local, mouvement des
échanges, foires et marchés è Mesures locales
encore en usage.
___________________
Les propriétaires et les fermiers soignent bien leurs terres,
jamais de récolte sans fumier : aussi l'hectare de terrain
produit en moyenne 40 hectolitres de maïs avec 4 hectolitres
de haricots et ordinairement 280 hectolitres de pommes de terre. Quant
au froment il ne donne guère que 18 hectolitres par hectare.
Les principales cultures sont celles du maïs, des haricots et
des pommes de terre. A Laloubère on n'emploie guère
des procédés nouveaux de culture ; on travaille la terre
comme on l'a toujours travaillée, on se sert cependant de la
charrue en fer et de la batteuse.
Nous n'avons dans la commune que 11 hectares de bois : il appartient
à M. le Marquis Eimar de Palaminy.
Le revenu qu'il en retire est à peu près nul.
On ne compte à Laloubère que quatre-vingt ares de vigne,
le phylloxéra n'y a pas encore apparu.
Dans la commune, il y a actuellement 26 poulinières anglo-arabes
qui donnent de beaux produits et que l'on prépare ordinairement
pour l'armée. Ainsi en 1886, les propriétaires de Laloubère
ont vendu une vingtaine de chevaux, tous à de bons prix, de
8 à francs.
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Il est rare que dans chaque maison on ne possède
d'une à trois paires de vaches, presque de la race de Lourdes,
c'est qu'on cherche à avoir autant de lait que possible pour
aller le vendre à Tarbes.
De cinquante à soixante femmes portent tous les matins à
la ville de 5 à 600 litres de lait renfermé dans des
vases en fer blanc, de forme de cône tronqué, contenant
chacun trois quarts de litre et appelés vulgairement tasses.
Dans la commune nous n'avons qu'un seul troupeau. Il appartient au
nommé Cantet il est composé d'une cinquantaine de brebis
qu'on envoie à la montagne pendant l'été.
Il n'y a guère à Laloubère du gibier que pendant
les mois d'août, de septembre et d'octobre. Alors, on trouve
des cailles et des râles. C'est ordinairement à la fin
de septembre et au commencement d'octobre que les cailles et les râles
arrivent en grand nombre. C'est alors qu'ils peuvent se cacher dans
les millets dont plus de la moitié des champs sont couverts
et où ils trouvent une abondante nourriture. On voit aussi
des alouettes, mais pas un lièvre, pas un perdreau, pas d'autre
gibier.
Il y a vingt ans les petits poissons, gougeons, loches et vérons
se trouvaient en abondance dans les canaux qui arrosent les prés,
aujourd'hui, ils sont devenus très rares et pas une écrevisse
depuis 1883. Elles ont disparu dans tous les canaux qui dérivent
de l'Adour. On ne sait à quoi en attribuer la cause.
Au printemps, on trouve dans le lit de l'Adour, quelques gougeons,
quelques anguilles, quelques truites ; mais dès que l'eau vient
à diminuer, on empoisonne tout, aussi, les poissons deviennent
de plus en plus rares.
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Nous n'avons dans la commune ni mines, ni carrières,
ni usines, ni manufactures. Un simple moulin seulement, tout à
fait au levant du village, sur un canal de l'Adour.
Il se compose de quatre meules et de deux tamis.
Laloubère est traversé du sud au nord par la route nationale
N° 135 qui relie Bagnères de Bigorre et Campan à
Tarbes.
Nous avons encore le chemin d'intérêt commun N° 13
de Juillan à Barbazan.-Debat qui traverse la commune du couchant
au levant ; le chemin de petite vicinalité qui va de Tarbes
à Horgues en traversant Laloubère
En 1886 un autre chemin a été classé, il porte
le N° 6 et part du nord-est de l'hippodrome, longe le bois de
M. le Marquis Eimar de Palaminy et aboutit à Tarbes au couchant
de la caserne du 24e d'artillerie. On travaille actuellement à
un élargissement. Probablement lorsqu'il sera terminé
l'artillerie passera souvent dans ce chemin pour se rendre au champ
de manuvres. Les autres chemins classés sont des chemins
de ceinture qui ne font pas communiquer Laloubère aux localités
voisines.
Nous n'avons dans la commune que des ponceaux construits sur les canaux
d'irrigation. Pas de voie ferrée, pas de diligence, pas de
voiture publique, mais il y a dans le village plus de trente charrettes
et au moins autant de véhicules suspendus au moyen desquels
on transporte les denrées aux marchés de Tarbes ou de
Bagnères .
Parfois aussi on attellera les vaches au char pour porter au marché
des pommes de terre, du maïs, etc.
Le commerce local est peu important : 3 épiciers, 2 bouchers
dont l'un va vendre tous les jours à la halle Brauhauban
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à Tarbes et chez lequel on trouve toute
espèce de viande, deux charcutiers, trois marchands de son
et de farines et un marchand de haricots.
Pas de poires, pas de marchés.
En fait de mesures locales, on se sert encore du journal, mais tout
le monde sait qu'il est composé de vingt-deux ares quarante-trois
centiares, de la tasse de lait qui vaut ¾ de litre, de la tasse
de vin qui vaut ½ litre, de la canne, du pan, du pouce pour
les planches ; mais aujourd'hui, ces dernières mesures sont
remplacées par le mètre carré et dans quelques
années, elles auront complètement disparu.
IV
Etymologie probable du nom ; histoire municipale ; traditions et
légendes ; biographie sommaire des personnages célèbres
nés dans la commune ; idiomes ; chants ;
Murs ; cultes ; costumes ; alimentation
Monuments
Archives communales ; documents officiels destinés à
établir l'histoire de la commune ; ouvrages ; monographies
; écrits sur la commune ; auteurs ; éditeurs ; etc.
La tradition veut que le mot Laloubère vienne du mot Laloupbatere
qui veut dire en patois pays des loups. Cela est-il vrai ? On n'en
sait rien, aucun document ne le prouve. Le fait est que le bois du
château existe depuis un temps immémorial et il se trouvait
au levant de ce bois une certaine quantité de marécages
où croissaient les aulnes et les ronces formant des buissons
très propices pour cacher les loups.
On lit dans l'histoire de la Bigorre par l'abbé Colomez
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" La terre de Laloubère faisait
partie de celle de Julos en Bigorre. Pérégrin de Julos,
puiné de la maison, l'eut pour son partage, et s'étant
signalé par sa valeur en Castille, il rendit le nom de Laloubère
recommandable dans sa postérité. Les seigneurs de Castelnau
en ont augmenté les biens et la gloire y ayant pris alliance.
"
Les Castelnau étaient originaires de la vallée d'Azun.
En 1339, Garcie Arnaud de Castelnau épouse l'héritière
de Laloubère. Les Castelnau-Laloubère ont été
propriétaires du château et de ses belles dépendances
jusqu'à 1732 époque à laquelle M. de Palaminy
l'acheta aux enchères publiques sur la place du Bézieu.
Aucun document pas même la tradition ne parle de la municipalité
qui existait avant 1793. Laloubère avait cependant une mairie.
C'était une maisonnette qui se trouvait au levant du presbytère
actuel et qu'on laissa tomber faite de réparations. Les murs
furent vendus, il y a environ 80 ?? ans, à Vergez-Sarthe-Debat
et les cailloux servirent en partie à murer le puits de ce
propriétaire. On était donc obligé de tenir les
réunions du Conseil chez le Maire et plus tard en 1836 on paya
loyer d'une chambre chez M. Douat, instituteur.
Cette chambre servait en même temps de salle de classe. Ce ne
fut qu'en 1861 qu'on acheta la maison communale existante.
Le premier Maire connu portait le nom de Cénac-Lagrave Pierre.
C'est lui qui rédigea le premier acte de l'état civil
qui porte la date du 3 janvier 1793.
On a conservé les registres des délibérations
depuis 1807. On y voit que le Conseil municipal ne s'occupait guère
que de la nomination du garde-champêtre qui se faisait tous
les ans au 1er janvier de la vente des glands et des boues des rues
du village, seuls revenus annuels de la commune à cette époque.
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En 1808 le champ de courses fut établi sur la lande la Pujolle.
Alors on louait du terrain pour les débitants de boissons,
et l'on créa un petit revenu.
Plus tard, c'est la société des courses qui paya la
ferme de la lande louée.
C'est avec ces revenus et le prix du champ de manuvres établi
dans le centre de l'hippodrome que la commune a pu faire bâtir
sa belle église, son presbytère et acheter une maison
d'école où se trouve la Mairie.
L'histoire de la municipalité de 1713 à nos jours n'offre
rien de remarquable. Neuf maires se sont succédé et
tous ont administré la commune avec une grande loyauté
et un grand désintéressement, ne songeant qu'à
l'intérêt public.
On parle à Laloubère comme dans tous les villages de
la Gascogne le patois du pays. C'est un mélange de mots celtes
avec des mots latins auxquels entrent aujourd'hui un certain nombre
de mots français. Les chants que l'on entend à Laloubère
sont peu importants. Ce sont des chansons, ordinairement patriotiques,
que les jeunes gens répètent en se retirent de leurs
travaux.
Souvent aussi, les soirs et surtout les dimanches, les jeunes gens
s'assemblent par groupes pour chanter en chur quelque chansonnette
que l'un d'eux connaît.
Les habitants ont de bonnes murs. Ils sont polis et affables,
surtout pour les étrangers. Il y a parfois des rivalités
entre eux, mais pas de haine.
Depuis de longues années, on n'a pas vu un seul habitant de
Laloubère sur les bancs de la police correctionnelle. On en
trouve peu qui aillent devant le juge de paix.
Si un différend s'élève entre eux, on s'en remet
à la sagesse de deux hommes et le plus souvent l'affaire se
termine par un arrangement, expression dont on a l'habitude de se
servir..
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On s'habille simplement : les hommes, un gilet,
une blouse, un béret, des sabots ; les femmes, un ou plusieurs
jupons, une casaque, un foulard d'indienne, pour coiffure et aussi
des sabots. Voilà pour les jours de travail. Les dimanches
on est habillé proprement. Ordinairement, la veste remplace
la blouse, le chapeau le béret, les souliers les sabots.
La plupart des femmes se mettent coquettement. On est près
de la ville, il faut suivre la mode de loin, si les ressources ne
permettent pas de la suivre de près.
Les habitants, les ouvriers qui vont travailler à la ville
exceptés, récoltent à peu près ce qu'il
faut pour leur nourriture. D'ailleurs, ils vivent de peu : du pain,
du salé et des légumes. Voilà leur nourriture
quotidienne. Les dimanches, les meilleurs propriétaires et
souvent les ouvriers vont à la boucherie. Les familles aisées
boivent du vin, les autres de la piquette faite avec des raisins secs.
En fait de monuments, on peut citer l'église bâtie il
y a vingt ans sur la place de Lagrave et qui a coûté
plus de cent mille francs ; le château, construit il y a plus
de deux cents ans par les Castelnau-Laloubère(de) et embelli
par la famille Eimar De Palaminy. C'est une vaste maison très
commode, très agréable, entourée d'un beau parc
et d'une belle propriété qui donne plus de trente mille
francs de revenu. Dans le parc, se trouve une superbe colonne élevée
sous Louis XVIII. On lit dans la face principale de cette colonne
: " A son Altesse royale. Me. Duchesse d'Angoulème qui
a honoré ces lieux de sa présence, le 21 juillet 1823.
Achille de Palaminy reconnaissant. " On a les registres de l'état
civil depuis 1700, le registre des délibérations depuis
1808, les autres archives sont peu abondantes.
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ANNEXE AU TITRE IV
Enseignement
Historique de l'enseignement et des écoles dans la commune
aux diverses époques ;
Description de l'école ou des écoles publiques actuellement
existantes ;
Plan des locaux à 1 centimètre par mètre- dans
quelle mesure les besoins sont-ils satisfaits ?
Amélioration à réaliser - Fréquentation
- Etat de l'instruction - nombre de conscrits illettrés de
la dernière année, des conjoints qui n'ont pas su signer
leurs noms- Institutions scolaires
Bibliothèque, son origine, nombre de volumes, des prêts
- Caisse des écoles, caisse d'épargne sectaire - Traitements
des maîtres, loyers, sacrifices à demander à la
commune pour réaliser les améliorations nécessaires.
____________________
Le premier instituteur dont on ait conservé le nom s'appelait
Fourcade Magret. IL n'avait pas de brevet. Il vivait sous le premier
empire et faisait classe dans sa maison natale, dans une salle qui
avait 8 mètres de long et 6 mètres de large.
Il se faisait aider par son fils. L'école était mixte
et une soixante d'élèves des deux sexes la fréquentaient.
Deux grandes tables se trouvaient au milieu de la salle, une pour
les filles, une autre pour les garçons. Ces élèves
qui apprenaient à écrire étaient placés
aux quatre côtés des tables, les autres s'asseyaient
sur des bancs le long des murs de la salle ; voilà le mobilier,
le premier mobilier scolaire qui appartenait bien entendu à
l'instituteur.
La commune ou le Gouvernement ne donnait rien au maître. Les
parents payaient annuellement pour chaque élève une
mesure (25 litres) de méteil pour les élèves
qui apprenaient à lire et à écrire, un copeau
(12 litres ½) pour ceux qui n'apprenaient qu'à lire.
Cette école était tout à fait élémentaire,
les parents qui voulaient donner une certaine instruction à
leurs enfants les
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envoyaient à Tarbes.
Enfin, en 1817, un jeune homme de la commune nommé Jean Cénac,
dit Gaillard, qui avait fréquenté les écoles
de la ville pendant longtemps obtint un brevet de troisième
ordre.
Le 1er septembre 1817, le Recteur de Pau l'autorisa à ouvrir
une école dans sa maison natale. Les élèves quittèrent
l'école Fourcade pour fréquenter l'école Cénac
et bientôt ce fonctionnaire se fit une petite position en obtenant
de M. le Curé le titre de chef de lutin.
C'est lui qui chantait toutes les messes des morts, il jouait du serpent
à l'église (instrument de musique qui n'est plus de
mode) et il obtint un grand succès sur cette partie. Grand
nombre de jeunes gens des communes voisines venaient à Laloubère
pour apprendre le chant.
Ce ne fut point Cénac qui profite de la loi de 1833. Un autre
jeune homme de la commune, Douat Baptiste, obtint en cette année
le brevet de capacité et fut nommé instituteur titulaire,
le 15 mars 1834. Cénac continua à faire classe, mais
voyant que ses élèves l'abandonnaient, il vendit sa
maison et quitta définitivement la commune.
Douat demeura instituteur à Laloubère pendant 24 ans.
En 1860, il fut nommé à Bénac, et M. Salles qui
était instituteur à Odos vint le remplacer. Ce dernier
a occupé ce poste jusqu'au 1et janvier 1885, jour où
il a demandé sa retraite. M. Pays, instituteur à Barbazan-Debat
est venu le remplacer.
En 1861, la commune racheta la maison Sansoulet pour 6000 francs ;
elle fut appropriée pour maison d'école.
Cette maison est à 100 mètres de l'hippodrome, à
l'angle

Plans de l'école
de Laloubère (RDC et étage)

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brevet. Enfin, en 1850, le château dota
la commune d'un établissement libre tenu par les surs
de la Croix de la Puye.
Il y a 3 ans, l'Administration supérieure créa une école
communale de filles qui a été confiée à
une institutrice laïque. Cette institutrice loge et fait sa classe
dans la maison Cougot, maison à vingt mètres au levant
de la place de Lagrave. Elle est assez convenable et se compose d'une
salle de classe, d'une cuisine, d'une chambre à coucher, d'une
remise et d'une cour.
Dans deux ou trois ans, lorsque la maison d'école des garçons
sera construite, l'institutrice occupera les bâtiments communaux
actuels et les sacrifices que la commune devra alors s'imposer pour
l'instruction consisteront dans le semple entretien des écoles.
Laloubère, le 12 avril
L'Instituteur,
Pays
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| Copie
du texte: Janine CENAC |
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Amicale des Bigourdans de Paris
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