Monographie élaborée en 1887 par l'instituteur de Madiran (65). Ce travail a été demandé à tous les instituteurs de France. Ces monographies peuvent être consultées aux archives départementales.

 


Monographie de Madiran

Titre 1er

Situation géographique – La commune de Madiran est située au nord-ouest du canton de Castelnau-Rivière Basse, Hautes-Pyrénées, ses limites sont :

-         au nord St Lanne et Castelnau Rivière Basse

-         au levant Castelnau Rivière Basse en partie, Hères et Soublecause

-         au sud Soublecause encore, Bétracq et Crouseille

-         à l’ouest Arrosès et Crouzin.

Ces trois dernières communes sont situées dans les Basses-Pyrénées.

plan de la commune de Madiran
plan de la commune de Madiran

 

L’étendue de la commune est de 1445 hectares. Elle mesure environ 5km800 de l’est à l’ouest et 4km800 du sud au nord ; la distance au chef-lieu du canton est de 5 km ; du chef-lieu de l’arrondissement ou du département 39 km.

Le pays présente un aspect pittoresque : il est sillonné de coteaux plantés en vignes ; elles produisent un vin très tonique qui gagne beaucoup en vieillissant aussi, il a acquis, à juste titre, une certaine renommée.

Jusqu’à présent la vigne a été épargnée par le phylloxéra, le mildew a commencé à sévir avec l’oïdium qui persiste toujours ; mais ce dernier est combattu avec succès par le soufrage. Cà et là où la vigne ne saurait être cultivée avec avantage sont des coteaux boisés ;

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ailleurs de petites plaines ou des plateaux spacieux très fertiles où l’on récolte des céréales : Blé, avoine, maïs, etc…

Richesses du sol – Dans la région méridionale du territoire il existe des couches ou veines souterraines de pierres calcaires dont on fait de la chaux hydraulique de très bonne qualité ; plusieurs carrières sont ouvertes : il se fabrique 50.000 quintaux de chaux par an.

Cours d’eau – Les cours d’eau sont au nombre de deux seulement : ce sont le Bergons et le Ruisseau proprement dit ; ils sont l’un et l’autre de peu d’importance. Pendant l’été, ils ne coulent presque pas ; la direction des eaux est du sud au nord ; ces deux cours d’eau se réunissent au nord du territoire tant soit peu en amont d’un moulin qui ne fonctionne que pendant l’hiver et là s’explique si bien que, passé cette saison, l’eau fait défaut. Cependant, par suite de pluies continuelles ou d’orages, les eaux reprennent non seulement leur cours, mais elles sortent parfois de leur lit et inondent les prairies avoisinantes.

Eaux potables – Les eaux potables sont données par plusieurs fontaines et par bon nombre de puits qui ne tarissent jamais. Pour abreuver les animaux il existe des réservoirs qui sont alimentés par les eaux pluviales ou par les eaux de source quand cela se peut.

Altitude – L’altitude dans la plaine du Bergons ou du Ruisseau est de 177 et celle des hauteurs est de 200 (environ).

Le climat est doux ; des vents violents soufflent parfois, des pluies tombent à certaines époques pendant une série

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de huit ou dix jours ; la température est variable selon les saisons ; mais elle n’est ni trop basse pendant l’hiver ni trop élevée pendant l’été ; le vent est sec et salubre.

II

Le chiffre de la population est de 1044. Ce chiffre tend à diminuer en raison de deux mauvaises années qui se sont succédées : la récolte du vin, qui est la principale ressource de la commune a été enlevée ou par la grêle et la gelée ou par le mildew. Un certain nombre d’ouvriers et même des familles entières ont émigré pour aller chercher de l’ouvrage ailleurs.

La commune est divisée en douze quartiers, savoir :

1- Le Bourg le plus important a  une population de 372
2- Le Prouzet  115
3- Le Lastéchéréres 59   
4- Les Capects 42
5- Les Mounous 59
6- Les Gajoas 30
7- Les tucos 34  
8- Du Parsandebat 113
9- Les Aryodets       66
10- Les Dourdies    27
11- Du Bergons 105
12- Les Tuileries 22
Total égal      1044
Le nombre de feux est de  295

Pour les douze quartiers il n’y a qu’un conseil municipal composé de douze membres y compris le maire et l’adjoint.

La commune est desservie pour les cultes par un prêtre résident. Pour les finances, le percepteur du canton.

Il existe dans la commune un bureau de poste, mais pas de télégraphe. La valeur du centime est de 88.97. Les revenus ordinaires s’élèvent à 5.434F.

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III

Productions – On cultive le blé, l’avoine, le maïs, les pommes de terre, les haricots. Les procédés de culture sont les labours profonds avec de fortes charrues en fer. Après la récolte du blé, l’année suivante, on sème du maïs ; la troisième année on laisse ces terres en jachères en leur donnant cinq ou six labours.

Il n’existe dans la commune que des parcelles de bois de peu d’étendue appartenant à différents propriétaires : l’essence est principalement le chêne.

Les vignes d’une contenance d’environ 450 hectares, sont l’objet des plus grands soins du cultivateur ; c’est aussi pour ainsi dire son unique revenu. Elles sont taillées et labourées avec la plus grande attention. A celui qui les entretient le mieux pour obtenir le plus de rendement possible. Il y a quatre ans environ que le phylloxéra semblait devoir envahir nos vignes : quelques taches se sont produites dans certaines parcelles ; depuis lors on n’a plus rien remarqué. Ce qu’il y a même de plus surprenant, c’est que des vignes qui semblaient contaminées, ont repris après quelques amendements , une vigoureuse végétation.

Animaux – La commune compte environ cent paires de bœufs et autant de vaches, quatre-vingts chevaux ou juments ; il y a huit ou dix troupeaux seulement ; on se livre peu à la chasse et beaucoup moins à la pêche : il n’y a pas de cours d’eau important.

Quant aux carrières, il y en a huit ou dix d’où l’on extrait la pierre calcaire pour la fabrication de la chaux hydraulique, comme il est décrit au titre 1er et un moulin de faible importance, construit sur le Bergons.

Une belle route départementale dite de Bagnères à Bordeaux traverse la commune du sud au nord : il y a à peu près cent ans  qu’elle est construite, ainsi que le

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pont appelé pont de Séré. Un autre pont a été construit en aval et tout près du moulin, il y a trois années appelé pont du moulin.

Il n’y a pas de voie ferrée : la gare de Caussade qui est à une distance de 6 kilomètres est la plus rapprochée. Pour le chef-lieu de canton, il n’y a aucun moyen de transport. Pour le chef-lieu d’arrondissement ou du département c’est le chemin de fer.

Le commerce local consiste dans les boutiques de trois marchands épiciers et d’un quincaillier, trois marchands de son, de farine et de denrées de toute espèce ; dont deux bouchers et d’un charcutier ; de deux marchands, drapiers. Les marchés se tiennent le mercredi par quinzaine : il s’y fait peu d’affaires. Depuis de longues années trois foires sont établies : la première le 22 janvier, la 2ème le 26 avril et la troisième le 9 septembre ; celle-ci a une petite certaine importance. Les mesures locales aujourd’hui en usage sont les mesures légales.

IV

L’étymologie probable du nom de la commune serait Mata (méchant) où les Maures auraient été cérasés. 

Traditions – L’abbé Monllézun, chanoine d’Auch a écrit beaucoup sur Madiran dans l’histoire de la Gascogne. Je connais des personnes qui ont conservé de vieux manuscrits des cartulaires et de vieux actes.

Idiomes- L’idiome c’est la langue locale, le patois.

Chants- chant national, chant guerrier et quelques vieilles chansons ou romances.

Mœurs – Les habitants ont des mœurs simples, mais bonnes, assez affables quoique tant soit peu suffisants. Ils professent le  culte catholique avec un peu de tiédeur.

Dans leurs costumes il n’y a rien de recherché, mais ils sont toujours d’une mise convenable.

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L’alimentation se compose de bon pain de blé, de la viande de porc, de veau, rarement du bœuf et du mouton, de gallinacés, de bon vin rouge : la nourriture est très saine.

Monuments – L’église est très curieuse : sa fondation date du 9ème au 10ème  siècle ; il existe encore quelques vestiges d’un ancien couvent au prieuré où les Bénédictins et les Jésuites se sont alternativement succédés. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais pour compulser tous les documents, il ne faudrait pas être limité par le temps.

Dans les archives communales il est un vieux cadastre ou livre terrier ; c’est tout ce qu’il y a.

Annexe au titre IV

L’historique de l’enseignement des écoles de la commune aux diverses époques consistait, il y a cinquante ans à enseigner les plus simples notions de la grammaire, une mauvaise orthographe, pas de rédactions françaises, les quatre opérations sans application aux usages pratiques, l’écriture et la lecture, pure et simple sans du tout s’assurer si l’élève comprenait ou non la signification de certains mots et le sens des phrases et moins encore l’idée contenue dans le sujet au chapitre lu.

Insensiblement, le cercle s’est élargi et l’enseignement a été donné selon les vues des programmes de l’époque. Il n’y avait pas alors de maison d’école ; ce n’est que depuis trente cinq ans environ que la commune possède une maison d’école. Elle n’offrait pas tous les avantages nécessaires pour la salle d’école ni pour le logement de l’instituteur. Aussi, en 1883, elle a été appropriée selon les besoins actuels.

La maison d’école est exposée au levant bordant à l’ouest une belle route départementale dite de Bordeaux à Bagnères ; derrière est une basse-cour assez spacieuse et un jardin à la suite d’une contenance d’environ 3 ares ; au nord est bâti un préau couvert, qui présente les inconvénients de n’être ni

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assez vaste ni assez haut.

La salle d’école mesure environ 63 mètres carrés : elle est éclairée par quatre ouvertures dont deux donnent au levant et deux au midi. Sur la porte principale ou d’entrée est un imposte vitré ; en face de celle-ci se trouve une porte pour communiquer à la basse-cour. Sur la salle d’école est la salle de la mairie où se réunit le conseil municipal et où sont déposés les archives de la commune.

Au rez-de-chaussée est située la cuisine de l’instituteur, attenante à une chambre longeant la route, c’est le cabinet de travail. A ces deux pièces, au 1er étage, correspondent deux chambres à coucher, et tout à côté de la salle du conseil il en est une troisième pour les besoins de l’instituteur. Enfin, le galetas sert de décharge.

Le local est suffisant. La fréquentation laisse à désirer ; elle n’est pas régulière : cela tient en général aux mauvais état des chemins et à la grande distance que bien des enfants sont de la maison d’école.

L’état de l’instruction n’est pas trop mauvais, mais il pourrait être mieux si les élèves étaient plus assidus.

Le nombre des conscrits illettrés de la dernière année est néant tous on signé ; quant aux conjoints, il y en a un qui n’a pas signé. Pas d’institution scolaire.

Depuis 1873, il y a une bibliothèque scolaire, qui compte 80 volumes et 7 prêts. La caisse des écoles n’existe pas ; mais la caisse d’épargne fonctionne.

Le traitement du maître est de 1.250 francs. Pas de sacrifices à demander à la commune.

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La commune

Situation – La commune de Madiran est située dans le département des Hautes-Pyrénées, elle est comprise dans l’arrondissement de Tarbes et le canton de Castelnau Rivière-Basse. Elle est  limitée au nord par les communes de Castelnau Rivière-Basse et de Saint Lanne, à l’est par celles de Castelnau, Hères et Soublecause, au sud par celles de Bétracq et de Crouseilles et enfin à l’ouest par la commune d’Arrosès.

Ces trois dernières communes appartiennent au département des Basses-Pyrénées et font partie du canton de Lembeye, arrondissement de Pau.

Origine – Sa fondation remonte à une époque si éloignée qu’il est impossible d’en préciser la date même approximativement. Son nom actuel

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nous paraît avoir été complètement changé : ce n’est point Madiran que l’on devrait prononcer mais ‘Maridan » du latin « Maria Dona » patronne de son église et du grand Monastère qui existait et duquel nous aurons à reparler dans la suite.

Forme – Sa forme est irrégulière et son territoire s’étend sur une longueur de (8) huit kilomètres environ de l’est à l’ouest et sur une largeur de (5) cinq kilomètres du nord au sud.

Surface – La surface totale est de 144 hectares 41 ares, 10 centiares répartis en terres labourables, vignes, prés, bois taillis et futaies, landes et quelques autres cultures de peu d’importance.

Population – La population totale s’élève à (943) neuf cent quarante trois habitants d’après le dernier recensement.

Nature du sol – Le sol est assez accidenté. Le bourg est bâti sur une plaine étroite qui s’étend en longueur de la limite de la commune de St Lanne au nord, à la limite de celle de Bétracq au sud et en largeur du ruisseau dit de Jacou, jusqu’au lieu désigné sous le nom de Moulin à vent.

Relief – L’est du bourg est bordé par des coteaux escarpés couronnés du plateau dit des Capets.

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A l’ouest et jusqu’aux confins du Béarn, se trouve la jolie plaine du Bergons arrosée par le ruisseau qui porte ce nom. Elle est très fertile donne d’abondantes céréales et renferme d’excellentes prairies qui fournissent une grande partie du foin consommé par les animaux de la commune.

Les coteaux de formation tertiaire présentent un sol profond de nature argilo-calcaire ou argilo-siliceuse.

Conditions climatologiques – Au point de vue climatologique la commune de Madiran comme presque toute la contrée du sud-ouest de la France, souffre trop souvent hélas ! des rigueurs de la température printanière.

Cette saison autrefois si belle et si favorable à l’éclosion des fleurs et à la formation des fruits, a bien changé de nos jours. Les gelées de mars, d’avril et même de mai sont depuis longtemps le malheur et la ruine de la vaillante population agricole.

En revanche l’automne nous apporte habituellement une température assez chaude qui favorise la maturité et la récolte des fruits.

L’hiver est généralement tempéré et tout irait pour le mieux si, comme nous l’avons déjà dit, cette température hivernale ne se prolongeait trop avant et ne venait ainsi gravement compromettre

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les joies des cultivateurs.

Cours d’eau – A proprement parler, la commune de Madiran ne compte pas de cours d’eau ; elle est simplement traversée par deux petits ruisseaux dont le plus important, appelé Bergons prend sa source au pied des collines de la commune de Montcamp canton de Lembeye(Basses-Pyrénées) et va se jeter dans l’Adour en aval de la ville de Riscle (Gers) après avoir arrosé les communes de Montcamp, Montpezat, Bétracq (Basses-Pyrénées) Madiran, St-Lanne (Hautes-Pyrénées), Canet, Riscle et St Mont (Gers) et reçu les eaux d’un certain nombre de très petits ruisseaux.

Pendant l’hiver, son débit est assez considérable pour lui permettre d’actionner quelques moulins à farine mais dès qu’apparaissent les chaleurs son niveau baisse, ses eaux ne coulent bientôt plus qu’en mince filet et les usines chôment par le manque de force motrice.

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Géographie politique

Division – La surface territoriale de la commune comprend un bourg composé d’une centaine de maisons et de plusieurs quartiers assez espacés les uns des autres.

D’après le dernier recensement le montant total des habitants s’élève à 943 dont 312 de population agglomérée. Le restant est réparti de la manière suivante.

Quartier dit de

Nombre de maisons

Nombre d’habitants

Arrodets

Bergons

Bourdies

Bourg

Capets

Gujous

Mounous

Parsan-Debat

Prouzet

Las Téchénères

Tucos

 11 maisons

 34 maisons

  7 maisons

 91 maisons

 13 maisons

  7 maisons

17 maisons

21 maisons

29 maisons

15 maisons

 8 maisons

  52 habitants

114 habitants

  31 habitants

312 habitants

  51 habitants

  25 habitants

  44 habitants

  98 habitants

124 habitants

  52 habitants

  40 habitants

L’administration communale est placée sous la direction d’un maire

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et d’un adjoint chargés du pouvoir exécutif et assistés d’un conseil municipal.

La commune n’a aucune ressource. Le montant des annuités qu’elle est obligée de payer pour intérêts et amortissements des emprunts qu’elle a contractés et qui s’élèvent à     francs est fourni par      centimes additionnels ajoutés au principal des quatre contributions directes.

Les minimes dépenses que la loi l’oblige à faire pour le payement des fonctionnaires communaux, l’entretien des édifices publics et autres ne lui permet même pas d’équilibrer son budget ordinaire, et une somme d’un millier de francs est inscrite chaque année sur son budget à l’article : « Impositions extraordinaires pour insuffisance de revenus. »

Ecoles – L’enseignement est donné aux garçons par un instituteur laïque et aux filles par des sœurs de l’ordre de St Joseph de Tarbes.

Les deux écoles sont très bien installées et ne laissent rien à désirer tant au point de vue du mobilier scolaire que du matériel d’enseignement.

Culte – Le culte catholique est le seul professé à Madiran.

Le service est assuré par un prêtre auprès duquel se trouve un conseil de

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Fabrique chargé de la gestion des revenus de l’église.

Les ressources sont faibles et ne se composent guère aujourd’hui que le la location des chaises et de la part revenant à la Fabrique sur les différents services religieux.

Justice – Sous le rapport judiciaire les huit communes du canton dépendent du chef-lieu. Un juge de paix y rend la justice ; il est assisté d’un greffier et d’un huissier. A côté de lui se trouve également une brigade de gendarmerie à pied.

Perception – Le percepteur et le receveur de l’enregistrement étendent leur action sur toutes les communes du canton.

Un receveur des contributions indirectes exerce sa surveillance sur les cantons de Castelnau Rivière-Basse et de Maubourguet.

Ponts et chaussées – Un conducteur des Ponts et Chaussées est chargé de la surveillance et de l’entretien des voies de communication de ces deux cantons

Notariat – Il existait autrefois trois études de notaires dans le canton ; l’étude de Castelnau Rivière-Basse, celle de Madiran et celle de Lascazères.

La suppression de l’étude de Madiran opérée en faveur de celle de Lascazères eut lieu vers 1820 et ramena à deux le nombre des notaires pour le canton. Les minutes remontent à 1647.

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Routes et chemins – La commune de Madiran est largement dotée de voies de communication ; la route départementale d’Aire sur Adour à Maubourguet l’a traverse du nord au sud sur toute sa longueur.

Une voie de grande communication la relie au chef-lieu du canton, une autre la fait communiquer avec le Béarn et enfin une troisième la relie à la route nationale N° 135 de Bordeaux à Bagnères de Bigorre et à la voie ferrée.

Les chemins vicinaux et ruraux sont également très nombreux et forment un réseau d’environ (55) cinquante cinq kilomètres de longueur répartis de la manière suivante :

Réseau subventionné : (chemins vicinaux)         30000 m

Réseau non subventionné : (chemins ruraux)     25000 m

Total……………………………………………55000 m

Entretenues avec soin, ils assurent un facile débouché aux produits agricoles et commerciaux et favorisent largement l’exploitation du sol.

Courrier – Séparée de la voie ferrée par une distance de (5 km) cinq kilomètres trois cents mètres, Madiran est reliée à cette dernière par un courrier

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 qui effectue le service en voiture quatre fois par jour.

Ce service régulier permet aux voyageurs de monter et de descendre en chemin de fer à la gare de Caussade sans aucune difficulté.

Jusqu’en 1844 il n’existait pas de bureau postal. Le service était fait par un simple facteur qui, prenant les dépêches à Maubourguet venait opérer une tournée journalière dans notre commune.

Service postal – Par une délibération en date du 3 juillet 1842, le conseil municipal demanda la création d’un bureau de distribution.

Cette demande fut favorablement accueillie et le bureau accordé fonctionnant jusqu’en 1874.A partir de cette époque ce bureau fut transformé en une recette dépendant du bureau cantonal.

En 1885, (délibération du 20 mai) la municipalité considérant que le développement de l’industrie communale et du commerce qui en était la conséquence, exigeaient qu’une importance plus considérable fut donnée au bureau de poste, demanda la suppression du courrier de Castelnau à Madiran et son remplacement par un courrier direct de Madiran à la gare de Caussade.

Télégraphie – L’extension du service postal croissant sans cesse, la création

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D’un bureau télégraphique fut autorisé par un arrêté préfectoral en date du 18 octobre 1892.

Les dépenses résultant de cette création s’élevèrent à la somme de --- francs et furent couvertes par une souscription publique.

Le 1er février 1893 un deuxième emploi de facteur était créé et enfin le 1er août 1894 le courrier à pied fut remplacé par un courrier en voiture.

Exploitation du sol – La répartition territoriale mentionnée dans le cadastre dressé en 1818 partageait ainsi le territoire :

Terres labourables                              528 ha 30.10

Vignes                                                368 ha 51.60

Prés                                                    107 ha 65.77

Bois taillis                                          127 ha 55.18

Landes                                               221 ha 72.20

Jardins et autres petites cultures           91 ha 66.50

Soit un total de                                 1445 ha 41.40

Depuis cette époque l’exploitation du sol a bien changé et en ce moment le tiers à peu près du territoire communal est affecté soit à la culture d’anciennes vignes, soit à celle des vignes reconstituées en plants américains.

Le sol de nos coteaux est d’ailleurs très favorable à cette culture et le vin du Madiran a acquis une réputation assez répandue pour que nous puissions

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Nous dispenser de faire ici son éloge.

Nous nous permettons néanmoins de reproduire un article inséré dans le N° 837 du journal « La liberté des Hautes-Pyrénées » portant la date du 18 avril 1894, résumant d’une manière aussi savante que juste l’état actuel du vignoble madiranais.

Le vignoble madiranais

Le vignoble madiranais est situé au nord du département des Hautes-Pyrénées sur les coteaux qui constituent les avant derniers échelons des Pyrénées vers les Landes. Il s’étend le long de la voie ferrée  qui met en relation Tarbes avec Bordeaux sur une longueur de huit kilomètres et une largeur de quatre kilomètres, occupant presque la surface totale des communes de Madiran, de St Lanne, de Soublecause et de Castelnau Rivière-Basse.

Ces coteaux de formation tertiaire, présentent un sol profond, de nature argilo-calcaire ou argilo-siliceuse ; ils ont une altitude moyenne de deux cent trente huit mètres.

Le vignoble madiranais occupe, dans les quatre communes que nous avons citées, une superficie totale de 1392 hectares contenant chacune 4000 à 8000 souches. Il est complanté en mansenc et surtout en tannat. Presque toutes

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Les terres qui le composent aujourd’hui constituaient avant le XIIème siècle le fief d’une abbaye de Bénédictins dont les ruines ont servi à construire l’église paroissiale de Madiran.

Ce sont les Bénédictins qui donnèrent de l’extension à la culture de la vigne dans cette région et qui firent connaître le vin de Madiran en le faisant goûter à tous les visiteurs ou pélerins et cause de leur origine les vins de Madiran furent employés pendant très longtemps pour la célébration de la messe dans les diocèses de Tarbes, Oloron, Bayonne, et Auch. Aujourd’hui encore ces vins sont connus dans le Sud-Ouest sous le nom de (vins des curés).

D’après les archives départementales des Hautes-Pyrénées, on constate que les vins de Madiran avaient une importance considérable dès le XIVème siècle.

C’est ainsi que, dans les fors et coutumes confirmés en 1309 à la ville forte de Castelnau par le comte d’armagnac, il est fait plusieurs mentions relatives aux vins. L’importance de la viticulture dans le madiranais n’a fait que croître depuis cette époque. Elle serait encore beaucoup plus grande si les propriétaires avaient consenti à abandonner les vieux procédés de culture et vinification que leur ont transmis les traditions.

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Les vignes sont hautes et disposées deux par deux auprès d’un même tuteur en châtaignier. On donne à chaque cep deux bras perpendiculaires entre eux, que l’on fait courir horizontalement le long des fils de fer, l’un dans le sens des rangs de vignes et l’autre perpendiculairement à cette direction. Ces bras sont établis à une hauteur de 1m70 au-dessus du sol ; on les dirige de façon que ceux d’un cep soient dans le prolongement de ceux du cep  qui est accoudé au même échalas. Et l’angle droit que forment les deux bras d’un même cep est opposé par le sommet à l’angle que constituent les bras du cep attaché au même tuteur.

Les ceps internes de quatre tuteurs voisins forment les sommets d’un quadrilatère dont les côtés sont constitués par leurs bras.

La taille se fait indifféremment en novembre ou en janvier. On taille le rameau qui vient de fructifier à un œil et on attache au fil de fer le nouveau sarment dès qu’il est formé. On laisse un œil de réserve sur chaque bras. Les tuteurs qui se trouvent à l’extrémité d’un rang de vignes ne possèdent naturellement qu’un cep. Les tuteurs sont placés aux distances suivantes :

Nature des vignes

Distance des rangs

Distance sur les rangs

Vignes anciennes

3 mètres

2m,66

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Nature des vignes

Distance des rangs

Distance sur les rangs

Vignes récentes

Vignes plantées depuis deux ans

2m,66

2m,22

2m,22

2m,22

Quelques plantations ont été faites dans ces dernières années en vignes américaines greffées en tannat.

Jusqu’à ces temps derniers, les vignerons madiranais ne fumaient pas, craignant de nuire à la qualité de leurs vins : ils se contentaient de faire de temps en temps un terrage.

Aujourd’hui les vignobles bien tenus sont fumés et terrés, mais ils ne sont pas nombreux. Ces fumures se font surtout avec des fumiers d’étable.

On emploie aussi quelques composts constitués avec du fumier, des terres légères, des cendres, de la chaux, des détritus de toutes sortes.

Les engrais chimiques sont peu employés.

Les vignes sont chaussées en mars et rechaussées en mai ; ces deux labours absolument insuffisants se font avec des charrues très primitives.

Le vignoble madiranais n’est pas éprouvé sérieusement par les maladies et par les intempéries ; cette circonstance

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est très heureuse, puisqu’il est déjà mal entretenu.

La grêle et la gelée font des dégâts insignifiants ; l’oïdium et le mildew sont prévenus par des soufrages et des sulfatages à la bouillie bordelaise ; seule la coulure agit tous les ans et cause des ravages assez considérables.

Les viticulteurs de cette région ont très bien compris la nécessité de faire des traitements préventifs contre les maladies cryptogamiques, ils ont commencé à reconstituer en vignes américaines les vignobles dévastés par le phylloxéra ; et dans tous leurs essais, ils ont obtenu d’excellents résultats.

Nous les félicitons de l’intelligence et de l’énergie qu’ils ont témoignés mais nous voudrions qu’ils songent aussi à améliorer leur culture et à soigner leurs fumures, car nous sommes convaincus qu’ils ont là beaucoup à faire.

La vinification est généralement mal faite. L’outillage est défectueux : le cuvage se fait dans de vieux foudres  en chêne qu’on met en place debout ; le pressurage s’exécute avec de vieux pressoirs en pierre. Le foulage se fait à la main dans les foudres défoncés qui restent ouverts pendant toute la durée du cuvage, c’est à dire vingt ou trente jours.

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Quelques propriétaires ont seuls apporté certains perfectionnements à cette vinification tout à fait rudimentaire.

Ils égrappent avant de fouler pour diminuer l’astringence qui est toujours trop considérable ; ils maintiennent le chapeau submergé pendant la cuvaison et décuvent dès que la fermentation tumultueuse a cessé. Il est à souhaiter que ces améliorations se répandent dans toute la région et que les propriétaires qui les ont tentées aillent encore de l’avant.

C’est ainsi que les vins de Madiran arriveront à prendre leur véritable place.

Ces vins se consomment en nature dans la région, mais ils sont assez recherchés pour le commerce et surtout par les négociants de Paris qui les coupent ou les mouillent grâce à leur richesse alcoolique.

Ces vins pèsent 11° à 13 degrés en moyenne, mais ils ne possèdent que 3 pour 100 d’extrait sec ; ils sont très riches en tanin et sont parfois trop astringents, surtout dans leur jeunesse. C’est pourquoi l’égrappage s’impose d’une façon presque absolue pour cette région. Cette trop grande teneur en tanin constitue le seul défaut que l’on puisse remarquer dans ces vins ; c’est le plus bel éloge qu’il soit permis d’en faire, car ce défaut est l’un de ceux que l’on prévient le plus facilement par une bonne vinification.

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Le prix moyen des dix dernières années au décuvage s’élève à 33 francs l’hectolitre. Les vins vieux se vendent 50 à 70 francs, car ils se dépouillent en vieillissant d’une partie de leur teneur en tanin et acquièrent une certaine finesse. Plusieurs médailles d’or ont été décernées aux concours agricoles de cette année aux viticulteurs du madiranais. Ces récompenses officielles ratifient donc la bonne renommée que ces vins ont acquise dans le commerce.

Les propriétaires considèrent une récolte de 50 hectolitres comme un maximum qu’on ne saurait dépasser sans nuire à la qualité.

La conservation de ces vins se fait dans de très mauvaises conditions : on ne les colle pas, ce qui serait très utile vu leur richesse extrême en tanin ; on ne les soutire pas et on ne les ouille pas. Cette négligence fait perdre bien des vins aux viticulteurs qui ne vendent pas après la décuvaison.

En résumé, le madiranais produit d’excellents vins qui prendront une place considérable dans notre commerce le jour où les propriétaires auront réalisé dans la culture et dans la vinification les améliorations que nous leur avons signalées.

Raymond Brunet

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Les critiques contenues dans ce savant exposé sont aussi justes que les éloges sont mérités, mais la jeune génération, imbue de nouvelles idées, tend à s’affranchir de la routine et des méthodes surannées ; l’époque n’est donc pas éloignée où le madiranais occupera dans la statistique viticole la place que ses excellents produits lui assignent.

Céréales – Quoique la viticulture occupe ici la place d’honneur, les diverses branches de l’agriculture ne sont pas tout à fait négligées : les céréales y sont cultivées avec succès et suffisent généralement à l’alimentation des habitants.

Légumes – Les légumes nécessaires au ménage sont produits assez abondamment par le petit carré de jardin que possède presque chaque famille.

Arbres fruitiers – Les arbres fruitiers pommier, poirier, pêcher, prunier, cerisier ect… sont aussi très nombreux et donnent des fruits abondants et savoureux.

Prairies – Les prairies naturelles et artificielles fournissent à peu près assez de fourrage pour l’alimentation des bestiaux et les forêts dont quelques unes conservent encore des arbres magnifiques, suffisent largement à la  consommation locale et permettent même l’attribution d’un stock considérable de bois de chauffage à l’industrie de la chaux qui se pratique ici sur une large échelle.

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Elevage – Madiran, avons nous dit récolte à peu près assez de fourrage pour ses bestiaux, mais s’il y a le nécessaire il n’y a point de superflu, aussi l’élevage du bétail ne se pratique guère dans notre contrée ; à part quelques vaches laitières et quelques troupeaux de brebis, le bétail possédé par chaque propriétaire ne se compose que des animaux nécessaires à l’exploitation de la propriété.

Animaux de basse- cour – Les animaux de basse-cour : poule, canard, oie, dindon etc… sont élevés avec succès et généralement appréciés par les vrais connaisseurs.

Apiculture – L’apiculture est tout à fait délaissée et c’est à peine si l’on rencontre chez certains propriétaires quelques ruches isolées qui fournissent un miel de peu de valeur.

Méthodes d’exploitation – Quoique les voies de communications soient nombreuses et assurent un large débouché aux produits du sol, les méthodes d’exploitation laissent encore beaucoup à désirer ; l’outillage aratoire surtout offre une lacune qu’il importe de combler le plus tôt possible.

Outillage – Si l’on excepte quelques faucheuses à mécanique et quelques machines à dépiquer la plupart des outils employés ne sont plus en rapport avec les exigences de l’agriculture nouvelle.

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La routine joue ici un rôle prépondérant mais nous devons cependant ajouter  pour être juste que cette fâcheuse situation se serait bien améliorée si la gêne ne s’était point faite sentir  d’une si dure manière à la suite des diverses maladies cryptogamiques et du phylloxéra qui ravagèrent les vignes et détruisirent ainsi la récolte du vin qui est l’unique ressource de notre pays.

Aujourd’hui la situation paraît s’améliorer, les nouvelles plantations nous font espérer encore l’aisance de l’ancien temps et avec cette aisance naîtra le progrès qui en est la conséquence presque obligatoire.

Chasse – Le pays est assez giboyeux mais les multiples occupations de nos paysans et le prix assez élevé des permis de chasse ne permettent cet exercice qu’à quelques privilégiés de la fortune qui, la plupart du temps nous viennent des villes voisines.

Pêche – Les cours d’eau faisant défaut et leur débit n’étant que temporaire, la pêche est impossible. Malgré cela, le poisson d’eau douce n’est pas rare, apporté par les riverains de l’Adour, il est vendu à un prix très abordable, même pour les plus pauvres.

Carrières – Le sol des coteaux de Madiran est argilo-calcaire. Ce dernier élément augmente au fur et à mesure

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qu’il s’enfonce dans le sol et arrivé à une certaine profondeur, il est transformé en une pierre essentiellement calcaire qui donne une chaux hydraulique très estimée.

Cette chaux se fabrique à Madiran sur une grande échelle ; six usines fonctionnent presque continuellement et fournissent une moyenne de (6.000.000) six millions de kilogrammes de chaux par an.

Le volume de la pierre employée s’élève annuellement à (6.000) six mille mètres cubes environ. Cette pierre est extraite de carrières souterraines dont les galeries sont une profondeur moyenne de deux cents mètres. La voûte a une hauteur de quatre mètres environ et est formée par une couche de pierre dure et franche de crevasses ayant une épaisseur de quatre mètres au moins. Les piliers disposés en quinconce ont tous plus de trente mètres carrés de surface portante et garantissent amplement la solidité de la voûte.

Les ouvriers y travaillent donc avec une sécurité parfaite.

L’écoulement des eaux se fait à l’aide de drains et de tuyaux souterrains ; malgré cela il existe dans plusieurs carrières de véritables lacs recouvrant en général d’anciens chantiers abandonnés. Ces eaux, quoique restant

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constamment au même niveau , se renouvellent sans cesse et sont d’une limpidité parfaite ; elles n’exhalent donc pas de miasmes malfaisants et n’offrent aucune espèce de danger pour les carrières.

L’extraction de la pierre se fait à l’aide de la poudre de mine et, autant que possible en conformité de l’arrêté préfectoral en date du 11 février 1893, portant réglementation de l’emploi des explosifs dans les carrières.

Le transport des pierres de la carrière aux fours à chaux, qui ne sont éloignés que de quelques centaines de mètres, se fait à l’aide de tombereaux traînés par des bœufs. Ce genre de traction a le double inconvénient d’être très lent et d’exposer les animaux et leurs conducteurs à certains dangers.

Un chemin de fer système Decazeville remplacerait avantageusement et économiquement croyons-nous ce mode de transport.

Chaux – Les  qualités hydrauliques de cette chaux en rendent l’écoulement facile. Cette qualité d’hydraulicité ne se rencontre pas toujours dans les produits similaires et lorsqu’elle s’y rencontre, elle est parfois insuffisante set constitue alors un produit de deuxième ordre que M.M. les ingénieurs, architectes et entrepreneurs n’acceptent que très difficilement.

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Il résulte des expériences faites par le célèbre ingénieur Vicat et par M. Durand Claye, ingénieur général et ancien directeur du laboratoire des Ponts et Chaussées, que les chaux hydrauliques sont celles dont la pâte durcit par elle-même ou sous l’eau.

La durée du temps nécessaire pour le durcissement sous l’eau est variable selon le degré d’hydraulicité.

La durée de la prise a fait classer les chaux comme ci-après :

 Les chaux éminemment  hydrauliques font prise du 2ème au 4ème jour.

Les chaux hydrauliques proprement dites font prise du 5ème au 9ème jour.

Les chaux moyennement hydrauliques font prise du 10ème au 15ème jour.

Les chaux faiblement hydrauliques font prise du 16ème au 30ème jour.

Ces savants ingénieurs ont encore déterminé au moyen de l’analyse chimique, le degré d’hydraulicité de ces diverses chaux comme il est indiqué dans le tableau ci-dessous :

Désignation des chaux

Indice d’hydraulicité

Chaux grasse ou maigre

Chaux faiblement hydraulique

Chaux moyennement hydraulique

Chaux hydraulique proprement dite

Chaux éminemment hydraulique

De 0.00 à 0.10

De 0.10 à 0.16

De 0.16 à 0.31

De 0.31 à 0.42

De 0.42 à 0.50

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Or l’analyse de deux échantillons provenant des usines de M. F. Lalanne fils (analyse faite par le laboratoire de l’école nationale des Ponts et Chaussées le 3 février 1896) a donné les résultats suivants :

Désignation des échantillons

Chaux en poudre éteinte

Chaux en pierre non éteinte

Silice

Alumine

Péroxyde de fer

Chaux

Magnésie

Perte au feu

Eléments non dosés et perte

18.30

5.50

2.25

62.50

0.54

10.70

0.21

18.75

 6.00

 2.25

66.60

 0.82

 5.25

 0.33

Total

Indice d’hydraulicité

100.00

0.38

100.00

0.37

La chaux de Madiran doit donc être classée au premier rang des chaux hydrauliques proprement dites et constitue un produit de premier ordre.

La chaux blutée présentant des garanties de pureté supérieures à la chaux en pierre et pouvant être transportée beaucoup plus facilement est généralement  préférée à celle dernière. Il serait donc désirable que M.M. les industriels de Madiran suivissent l’exemple qui leur a été donné par M. le marquis de Francklieu

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et qu’ils transformassent leurs usines et le mode de fabrication de manière à conserver à leurs produits l’extension et le rang que leur assignent leurs qualités véritablement supérieures.

Eaux minérales – Madiran ne possède pas d’eaux minérales mais nous avons ici une fontaine très abondante à l’eau de laquelle la tradition attribue des vertus très efficaces dans les cas nombreux où les mères n’ont pas le lait nécessaire à l’entretien de leur nourrisson. Elles vont pendant plusieurs jours de suite boire l’eau  dite de Ste Poupette et le lait devient (paraît-il) abondant dans leur sein.

Commerce

Produits exportés- En dehors du vin et de la chaux Madiran n’exporte aucun de ses produits qui suffisent à peine à la consommation locale.

Le commerce n’est donc représenté que par les quelques marchands énumérés ci-dessous :

Deux boulangers

Deus débitants de pain porté de l’étranger

Quatre marchands de grains

Trois bouchers, dont un forain

Quatre épiciers en détail

Deus marchands drapiers

Neuf débitants de boissons

Un pharmacien

Un bijoutier

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Foires et marchés – Si l’on consulte le tableau indicatif des foires et marchés de la région, on trouve que Madiran y figure comme ayant un marché tous les mercredis et trois foires annuelles : le 22 janvier, le 26 avril et le 9 septembre.

Ces marchés et ces foires remontent à une époque très éloignée qu’il nous est impossible de préciser.

Ils cessèrent d’exister à la suite des troubles qui survinrent pendant les guerres de religion.

Une délibération trouvée dans les archives de la mairie et portant la date du 22 mai 1679 fera connaître les efforts tentés par l’administration communale de cette époque en vue de leur réorganisation.

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«  L’an mille sis cens septante neuf et le vingte deusième may, au Lieu de Madiran et à Lendroit ou bon a accoutume de s’assembler pour délibérer des affaires de la communauté ou estant assemblées en corps de parade Dominique Mieussens, Jacques Prombet, pierre buizon, Jean Dufaut, consuls modernes du d. madiran La présente année antoine mieussens sergen de Laparade gaspard mieussens sergent de mondique

Les lous manans et habitans du d. Madiran faisant la plus grande et seine  partie de la communauté auxquels a cité représente par Le d. mieussens – premier consul que de tout temps La d. Communauté a eu pouvoir et privilège de tenir marché dans le bourg du d. lieu. »

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Cette  délibération porta-t-elle ses fruits ? Nous croyons que oui vu le prix assez élevé que payaient longtemps après cette époque les marchands forains pour la location de la place qu’ils occupaient les jours des foires et marchés.

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«  Les mercredis de chaque semaine lequel pendant quelque temps a esté interrompu à cause du grand trouble de guerres qu’il y a eu la province et que depuis peu de temps, la d. Communauté a voulu et désire de rétablir le d. marché et arreste verbalement, di assister un de chaque maison chaque jour de mercredi afin de mieux establir et faciliter Le d. marché bien loin di satisfaire la plus grande partie de La d. Communauté Lont méprise et nont daigné y vouloir assister ce qui peut causer beaucoup de préjudice au général et particulier. C’est pourquoi Le d. Mieussens Consul a prié et requis La d. Communauté de vouloir délibérer suivant le narré ci-dessus et de vouloir convenir et satisfaire de même de vouloir Imposer une Loy pour Ladvenir contre tous les defaillans d’un de chaque maison sauf légitime excuse. Surquoi a esté répondu par tous les habitans d’une Commune voix qu’ils veulent de leur bon gred volonté acquiesser au Contenu de dessus ayant Convenu et demeuré d’accord que c’est un grand avantage pour tous tant en général que particulier et en outre ont demeuré d’accord tous d’une Commune voix qu’il soit imposé une loy de trois sols contre tous les défaillans qui nacisteront au d. marché tous les mercredis de chaque semaine Sauf »

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Le centre principal de transactions  commerciales était à la Halle.

Cet édifice ayant été détruit pendant les guerres de religion (probablement en 1569 en même temps que l’église et le prieuré) sa réédification fut redemandée par une délibération de l’assemblée communale en date du 15 septembre 1707. Mis en adjudication, ces travaux furent adjugés ce même jour au sieur Dupont dit St Roch d’Arrosès (Basses-Pyrénées) moyennant une somme de cinq cents livres.

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Légitime excuse pour le paiement de Laquelle Loi de trois sols les d. hauts consent que le d. Mieussens Consul puisse exécuter sans forme ni figure de procès de tous les défaillans pendant l’année de son Consulat donnant mesmes pouvoir aux Consuls qui seront après luy en charge laquelle loy de trois sols sera employée aux affaires les plus présantes de la Communauté dont les d. consuls seront obligés de rendre compte au d. habitans chaque année promettant tout ce dessus entretenir de point en point et Consentant que le d. Mieussens fasse pour plus grande autoritté authoriser en la Cour de Mr le Juge de rivière Basse le présant acte de délibération bref comme il plaira et trouvera à propros promettant ne le révoquer en rien ainsi le veulent envers et Contretous ainsi a esté stipulé et ceux qui savent écrire se sont signés avec moi greffier et secrétaire des d. Consuls (1) Signé

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(1)   Archives de la Mairie de Madiran

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Halle – Cette somme devait être payée en deux années à raison de deux cents livres par an imposées sur tous les contribuables du lieu. Le surplus, soit cent livres, devait être pris sur ceux qui devaient des reliquats sur leur compte d’administration pendant les années précédentes .

(1)   Loins par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre

« et tous présents et à venir Salut nos bien-aimer les consuls habitans du lieu de Madiran an riviere basse, généralité d’Auch nous ont fait remontrer qu’il y avait autrefois au d. lieu de Madiran deux foires qui se tenaient l’une le lendemain de St Marc vingt-six du mois d’avril et l’autre le lendemain de Nostre-Dame neuvième septembre par chacun an comme aussi un marché le mercredi de chaque semaine et que pour la commodité des marchands on avait fait construire une halle considérable ; lesquelles foires et marchez ne sestant plus senens depuis plusieurs années à l’occasion des guerres à l’exception de la foire qui se tient actuellement le lendemain de Nostre-Dame de septembre la halle ayant estée négligée estant sur le point de tomber en ruines lorsque les exposants se sont apperceus du grand préjudice que leur causerait l’entière destruction de cette halle de mesme que celuy qu’ils souffraient par la cessation de l’une des d. foires et des d. marchez ce qui les 

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(1)   Archives de la Mairie de Madiran

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La reconstruction de la Halle terminée, l ‘assemblée demanda des lettres patentes autorisant la réorganisation des foires et marchés .

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«  aurait obligez de se pourvoir à nostre seigneur le Sr Legendre pour loss Intendant en la généralité de Montauban lequel après avoir examiné les délibérations des exposants et reconnu la nécessité pressente de rétablir la d. halle de Madiran pour y maintenir le commerce leur aurait entre autres choses promis d’imposer la d. communauté la somme de deux cents livres pour employer à la réparation de la d. halle par son ordonnance du huit novembre mil sept cent sept en exécution de laquelle ils ont fait réparer la d. halle mais comme leurs titres d’establissement des d. foires et marchez ont esté adhires et qu’ils n’ont pour eux que la notoriété publique ils nous ont très humblement fait supplier de leur accorder nos lettres et confirmation de rétablissement des d. foires et marchez ils espèrent que nous leurs ferons cette grâce dautant plus volontiers que c’est par le seul secours du commerce qu’ils peuvent estre en estat de nous payer les sommes qui sont imposées sur eux.

Et ces causes voulant favorablement traiter les exposants de nostre grace spéciale pleine puissance et authorité royalle nous avons de ladvis de nostre très cher et très aimé oncle le duc  d’Orléans petit-fils de France régent de nostre royaume confirmé et en tant que besoin    

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Ce vœu transmis à la cour royale par Monseigneur le Gendre, Chevalier Intendant de la généralité de Montauban, fut favorablement accueillis et les lettres patentes

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«  estably, confirmons et establissons par ces présentes signées de nostre main au d. lieu de Madiran un marché tous les mercredis de chaque semaine  et deux foires qui se tiendront l’une le lendemain de St Marc  et l’austre le lendemain de la nostre dame de septembre par chacun an et à tous jours auxquelles foires et marchez nous voulons que tous marchands et autres y puissent aller et venir, séjourner vendre et débiter troquer et eschanger toutes sortes de marchandises, livrer permiser tous les privilèges, franchises et libertés des autres foires et marchez de la province permettons aux d. exposants de faire augmenter halles, bancs et étaux nécessaires pour le couvert et sûreté des marchands et de leurs marchandises et percevoir les droits qui seront perceus deuls suivant les us et coutumes des lieues pourvu toutefois qu’a quatre lieues à la ronde il n’y ait daustres jouissantes foires et marchez auxquelles ces présente puissent préjudicier qu’il néchèent au jour de dimanche et messes solennelles auquel cas elles seront remises au lendemain et sans que l’on puisse prétendre aucune franchise et exemption de nos droits. Sy donnons en mandement à nos bien aimez les gens de nostre cour du parlement de Toulouze et autres officiers qu’il appartiendra que ces présentes ils fassent registrer lire et publics partout ou besoin sera et de leur contenu lire et user partout les d. exposants pleinement et paisiblement cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires.

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Dûment scellées du grand sceau de l’Etat furent accordées à la communauté de madiran. Malgré tous les efforts tentés à cette époque, les marchés n’existent plus aujourd’hui ; une seule foire, celle du 9 septembre, se tient encore et a même une certaine importance.

Car tel est nostre plaisir et afin que ce soit chose ferme et establie a toujours nous avons fait mettre nostre scel à ces présentes.

Donné à Paris le vingt deuxième jour du mois de janvier l’an de grâce mil sept cent dix-neuf et de nostre règne le quatrième (1)

Signé : Louis

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Mairie de Madiran
Mairie de Madiran

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II° Partie

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Historique

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Chapitre 1er

Nous connaissons de Madiran la situation, la superficie et la population totale ; un 2ème chapitre nous en a dévoilé la géographie politique ; et par un troisième chapitre nous avons clôturé cet aperçu par la géographie économique.

Dans cette seconde partie nous allons montrer Madiran sous le point de vue historique, vivons quelques instants de sa vie sous les Romains sous les Sarrasins et, d’une manière plus actuelle, sous les religieux Bénédictins cédant leur place au XVIème siècle aux P.P Jésuites du collège royal de Toulouse.

Nous nous réjouissons avec nos pères dans les évènements heureux qui surviendront et nous souffriront de leurs souffrances dans les jours tristes qu’ils traversent. Nous assisterons fiers et contents à l’émancipation communale à l’abandon volontaire d’une partie des droits seigneuriaux que le prieur Claude Chard de St Sulpice  leur accord avant d’abandonner le prieuré aux fils de St Ignace de Loyala :

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II - Antiquités Gallo-Romaines

Les Romains venus en Bigorre se sont emparés de ce beau pays qui touche aux Pyrénées ; les commentaires de César ne laissent aucun doute sur ce point. Sont-ils arrivés jusqu’à Madiran ? A cette question nous croyons pouvoir répondre par l’affirmation. En feuilletant les livres terriers de 1658 et de 1757, nous trouvons la preuve du passage des Romains dans notre Madiranais.

Bertrand de Lana dit Couet possède Bousigue et lande au Parsan appelé à la bousigue de Castéra…Plus la moitié d’une bousigue au Castéra…

Plus lande et bousigue au dit Castéra (1)

III – Antiquités Gauloises

Comme antiquités gauloises, nous pourrions citer divers tertres ou tucos qui se réclament d’une grande ancienneté.

Le champ ardon appelé aussi camp ardoun  par sa dénomination aussi bien que par sa configuration ne nous laisse aucun doute sur sa destination primitive.

Ce tertre n’était autre chose qu’un camp celte ou romain.

Les tucos et tucoulets (2) dont on rencontre les noms dans les actes publics doivent avoir une semblable origine.

Tous ces monuments dont un certain

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(1)   Livre terrier de 1658 P. 530. Archives de la mairie de Madiran

(2)   (2) Livre terrier 1656 p. 139.229. Lagrange, étude Dufour Clarac Castelnau RB

(3)   Reg 1693 - 1699

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Nombre existaient vraisemblablement avant l’arrivée des Romains sont encore debout malgré le travail d’effritement du temps et du laboureur. Ces ouvrages se réclament d’une antiquité difficile à déterminer

II

Voie romaine

Les quartiers de la Viasse (1) et de la vie vieille (2) semblent par leur tournure latine, nous rappeler la grande voie, voie stratégique reliant les castella établis par nos vainqueurs pour contenir les vaincus dans ce qu’ils appelaient par euphémisme le maintien de l’ordre.

De Leschar (Bencharmum) elle traversait les villages suivants : Buros, Morlaas, St Laurent, Abères, Anoye, Momy, Lucarré, Lucamau, Montégu, Lahitte-Toupière, Lascazères, Héchac, Madiran, Castelnau, Maumusson… et aboutissait à Aire (3).

Cette route qui portait alors le nom de chemin romain prit celui de Viasse au XVIIème siècle et s’appelle Poudge de nos jours. On reconnaît facilement ces voies à leurs grandes dimensions. Celles traversant les sommets des hauts plateaux de Lascazères, Hichac, Madiran doivent appartenir d’une manière indubitable à cette ramification de voies romaines qui avaient partout de vastes proportions.

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(1)   Livre terrier 1656 p. 108, 200, 394, 440 et 444

(2)   Livre terrier 1656 p. 177, 203, 225, 235 et 255

(3)   Déjeanne – De quelques voies anciennes de l’Aquitaine.

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Maures

Nul doute que les Maures ne soient venus dans nos contrées.

Au  VIIIème siècle les Sarrasins étaient maîtres de l’Espagne. Ces conquérants à la physionomie africaine, au caractère vif et remuant, à l’âme voluptueuse et passionnée, à l’imagination brillante, aux mœurs orientales, inondaient  la Patrie de Pélage. 

Ils accouraient du sein de leur région de feu et tombaient par tourbillons, comme les sables du désert, sur cette belle terre embaumée de fleurs et d’orangers. Ils la parèrent de leur génie, la couronnèrent d’alhambras, la chargèrent de rubis, d’arabesques, de monuments féériques, mais ils s’aperçurent bientôt que l’Espagne était pour eux un lit trop étroit.

Ils voulurent aller plus loin ; le torrent déborda. Ils abaissèrent sous leurs pas, la cime des Pyrénées et portèrent l’épouvante dans l’Aquitaine et la Bigorre (1). Ils allèrent jusqu’au coeur des Gaules, se faire tailler en pièces par Charles Martel.

L’armée fugitive d’Abd-el-Rahman regagnait l’Espagne à travers les Pyrénées. La population pyrénéenne qui avait eu tant à souffrir lors du premier passage des musulmans s’arma en hommes

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(1)   Fourcade – Album des Pyrénées, p. 245

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de bonne volonté et fit de grands massacres soit dans la lande de mourine, au pré St Jean à Paillole, soit dans la vallée d’Aure, où l’on trouve tant de saints morts en portant les armes contre les partisans du cimeterre dont la devise était : « Crois ou meurs. » (1)

Tous les Sarrasins ne furent pas égorgés, un certain nombre d’entre eux qui échappèrent au massacre regagnèrent l’Espagne ; d’autres s’enfuirent ou cherchèrent un refuge dans les bois et menèrent une triste existence.

Nous avons à Madiran le quartier des Mauras (2) et de Mouret, comme nous avons à Hères le bois de la Mourelle, le chemin de Mouret, le gué de Mouret etc… dénominations qui, croyons-nous tirent leur origine du passage des Maures.

Sarrasins et Cagots

Des auteurs sérieux tels que : «  Marca, (Histoire du Béarn) et Bellefont (Cosmographie universelle) et autres, prétendent que les Cagots ne sont que les quelques Maures échappés à la défaite de la lande Mourine ; d’autres auteurs veulent qu’ils soient les

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(1)   Lagrèze (B.d.) Histoire de la Bigorre.

(2)   (2) Livre terrier 1656 page 450 – 1757 page 212.

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descendants des Goths qui ont laissé en France une si lugubre mémoire. Leur nom lui-même ne renferme-t-il pas dit (Cénac Moncaut) (1) cette hypothèse : le mot Béarnais Cagot (bas Goths) chiens de Goths répond au terme injurieux donné à toutes les races méprisées : Chiens de Juifs, chez les Européens ; chiens de Chrétiens parmi les Musulmans.

En Béarn comme en Bigorre Ca veut dire chien.

Les Cagots, dit le même auteur, vécurent à toutes les époques dans un état d’humiliation dont les preuves sont partout reproduites. Le mépris populaire les accusait d’avoir l’oreille courte et les pieds d’une oie.

Les Parlements de Bordeaux et de Navarre les condamnèrent à porter sur leurs habits un morceau d’étoffe en forme de pied de canard pour marque distinctive.

Les fors du Béarn exigeaient le témoignage de sept d’entre eux pour contrebalancer celui d’un chrétien.

Ils devaient porter un vêtement distinctif, n’avoir ni bottes, ni armes, ni manteau, éviter les autres citoyens et les avertir de leur approche (2). Les quartiers qui leur servaient de refuge recevaient une

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(1)   Cénac Moncaut (Histoire des peuples et des Etats Pyrénéens) T1 p. 335

(2)   (2) Fors et coutumes du Béarn p. 168.

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dénomination méprisante. Ils  avaient une place à l’église avec leur porte et leur bénitier. Ce qui se pratiquait en Béarn se reproduisait à Madiran : nous avons à l’église la porte murée des Cagots avec son bénitier extérieur (1). Nous avons aussi la Christianie ou quartier où résidaient les Cagots (2) . La coste déous Cagots (3) la vie déou chrestia, le camp déou chrestia, la palanque déou chrestia (4).

Plusieurs siècles après, l’excès de la misère les porte à recevoir le baptême, afin de trouver quelque pitié auprès des catholiques, ce qui les fit appeler les Chrestiaas ; mais le stigmate originel ne s’effaça jamais complètement. C’est (le malheur aux vaincus) dans toute la force de son exécration.

Que nous sommes loin de l’esprit de tolérance et de liberté dont nous jouissons aujourd’hui. Heureusement les peuples civilisés travaillent à faire disparaître ces préjugés indignes d’être véritablement humains.

VII – Féodalité

Qu’a été la féodalité à Madiran ? Ce qu’elle a été partout ailleurs : dure sous les seigneurs laïques, un peu adoucie, peut-être sous les moines qui leur ont

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(1)   Voir ci-après ( Description de l’église – G. Larrieu)

(2)   (2) Livre terrier 1656 p. 545

(3)   Livre terrier 1656 p. 395 à 546

(4)   Livre terrier 1656 p. 305, 342, 392 et 545

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succédé.

Les  excès de tout genre commis dans ces temps de ténèbres nous sont suffisamment connus, nous n’avons pas à en faire l’historique d’autant plus que pour ce qui regarde Madiran, les documents nous font presque complètement défaut. Nous savons que le prieur était seigneur de Madiran et Hères, le Syndic du grand collège des Pères Jésuites de Toulouse était plus tard prieur et seigneur de Madiran et Hères. Nous savons aussi que le seigneur de Madiran et Hères avait pris en engagement le domaine royal sur Madiran et Hères et qu’il avait droit de justice haute, basse et moyenne ; qu’il usait de ses droits dans la circonstance.

Les exécutions capitales se faisaient par pendaison aux fourches patibulaires, nous avons conservé le quartier du Hourquet (1). Nous avons conservé encore de nos jours le souvenir de la côte de Matet (2). Si le mot Hourquet est d’origine romaine le mot Matet est sûrement d’origine espagnole qui nous remet en mémoire les tortures de la question.

Divers quartiers portent le nom de Tray Guilhem, de Fray Jean en

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(1) Livre terrier 1656 P. 360-364

(3)   Livre terrier 1657 P. 184-187-216-245

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souvenir des bénédictins qui ont précédé les Pères de la compagnie de Jésus (1).

Nos seigneurs avaient le droit de lods, ventes et prélations, moulin, banal…

La communauté de Madiran possédait le droit de souchet et taverne qu’elle donnait chaque année en afferme et arrentement. Le droit de souchet et de taverne donnait un revenu de 41 livres.

Le 15 février 1736 il était spécifié dans l’acte que personne dans tout le tailhable du d. Madiran ne pourra vendre au détail à pot et painte du vin sans payer au preneur 40 sols par barrique de vin qui sera vendu à pot et painte et qui aura été acheté hors du tailhable du d. et vingt sols par chaque barrique qui sera vendue et livrée au d. Madiran (2).

VIII – Protestantisme

Les Protestants sont venus à Madiran. Malheureusement leur passage n’a été qu’une suite de pillages de rapines et de cruautés.

L’histoire, la tradition et les désastres encore apparents nous racontent

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(1)   Livre terrier 1658 p. 30-40-62-97

(2)   Bacarrère Reg. 1735-1742 fol 792 (Archives MieussensLascazères)

(3)   Bacarrère Reg. 1735-1742 Fol 857

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encore les  hauts faits de ces partisans de la religion réformée.

Nous lisons dans l’enquête sur les ravages faits par les Huguenots dans le comté de Bigorre « les 5-6-9 et 10 septembre 1575…Le comte  Montgomery a pris les monastères de St Lézer, maison du prieur de Madiran, l’abbaye de Tasque où ils brularent et pillarent les d . églises abbatiales, prieurales et maisons des religieux lesquelles ne se sauraient remettre à leur premier  estat pour deux cens mille livres(1). Le Syndic ajoute qu’il est fort véritable que les dîmes appartenant tant au d. M. l’Evêque que chapitre de Tarbes, abbé de St Pé de Généres et la Reule  prieurs de St Lézer et Madiran, archiprêtres et curés depuis le passage de Montgomery en l’année 1569, comme estant en pays de Béarn, sont empêchés et destitués de revenus ; le d. chapitre y perd 500 escus et plus ; le d. Seur y perd ses droits de collation, vacans autres fiefs et pension ; les d. abbés, prieurés et monastères, la plus grande partie de leurs revenus, les archiprêtres et curés le sont, dont sont contraints de mendier n’aiant autres moiens de vivre et n’osant demeurer au d. pays de Béarn et y faire de la religion catholique

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Carsalade (Les Huguenots en Bigorre P. 163 et 166

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apostolique et romaine.

De ce document se dégagent deux faits ; en premier lieu, dès l’année 1569, les protestants maîtres du Béarn et de Madiran avec le Rivière Basse, se conduisent dans ce pays comme on se conduit dans un pays conquis, à la pointe de l’épée ; ils s’emparent de tous les revenus civils et écclésiastiques, dépouillent ainsi les abbayes, les monastères, les prieurés et les curés de toute classe condamnant les titulaires à « mendier ».

Nous voyons en second lieu le prieuré et l’église de Madiran livrés aux flammes après avoir été pillés. Les dégâts furent si considérables qu’on ne saurait réparer les églises et maisons des religieux de St Lézer, Madiran et Tasque pour « Deux cens mille livres, somme très forte pour la seconde moitié du XVIème siècle.

Un autre indice semble nous prouver le passage des Huguenots dans le Madiranais. En consultant le vieux livre terrier, fidèle interprète de la tradition, nous trouvons consigné dans deux passages « L’arriou de Navarre » ou Ruisseau de Navarre.

Selon toute probabilité, les protestants béarnais du navarrais devaient camper aux environs et abreuver leurs

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(1)   Livre Terrier 1656 P 360 – 364

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chevaux à ce cours d’eau.

IX – Fronde

De nouveaux malheurs vinrent fondre sur notre malheureuse contrée. La fronde avec ses désordres, ses déploiements d’armes, ses soldats qui arrachent à nos laboureurs le peu d’argent ramassé depuis les désastres des protestants et les denrées : froment, avoine et paille mettaient le comble à tous nos malheurs.

Nos paysans étaient imposés de par le roi et de par la fronde.

Il fallait de l’argent set il fallait le logement et les vivres pour les soldats et pour les chevaux.

X – Révolution

La paisible population du Madiran  vit venir la Révolution, avec enthousiasme quoique vivant tranquillement de sa vie propre avec ses consuls et son maire perpétuel, qui n’avait du maire de nos jours que le nom, elle sentait le besoin de changement de gouvernement.

Comme partout ailleurs la Révolution eut des adeptes ardents ; ces hommes prirent de bonne heure la direction des affaires, ils formèrent à l’instar des villes leur Comité du Salut Public.

Nous regrettons vivement la perte du premier cahier des délibérations

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De la commune de Madiran de 1789. à 1792 ; nous aurions vu les deux éléments en lutte et nous aurions assisté au triomphe de la Révolution.

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Chapitre II

Prieuré de Madiran

Nous aurions eu beaucoup de plaisir  à donner  en son entier la relation de la fondation du prieuré de Madiran, par Larcher, mais nous devons nous borner. Pour cela nous prendrons le résumé qui précède le cartulaire de Madiran dans le fonds Doat à la bibliothèque nationale de Paris (1).

Environ 1088 – Relation de la fondation du prieuré de Madiran du diocèse de Tarbes avec les actes des donations faites audit prieuré contenues dans un ancien registre en parchemin trouvé aux archives des Pères Jésuites de Toulouse qui  jouissent du dit prieuré ; lesquelles donations sont sans date à la réserve de deux, sauf que les comtes, archevêques, évêques et autres personnages de qualité qui vivaient au temps où lesdites donations furent faites y sont nommés ; de laquelle relation et donation la substance est marquée en signes particuliers.

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(1)   Fonds Doat p 152 p 146

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Relation de la fondation du prieuré de Madiran contenant que Sautius chevalier, qui était de la race des seigneurs de Madiran et fils de Garsan, fils de Loup surnommé Picoth, venant d’Espagne qui fut le premier chevalier qui se réfugié à Madiran avec la permission de Raymond, comte de Bigorre, qui alla souvent repousser les ennemis avec Garsie Arnaud, comte de Bigorre ; qu’ayant été fait consul de toute la Gascogne, sa réputation s’étendit si loin qu’il reçut beaucoup de visites, entr’autres d’Etienne, abbé de Marcillac, qui le mena dans son abbaye, où il lui donna l’habit de religieux ; d’où étant retourné à Madiran, il fit agrandir le monastère et bâtir une église et alla après trouver Ricard évêque et ledit Garsie Arnaud, comte pour les prier de faire en sorte que les seigneurs de Madiran affranchissent ledit monastère ; lesquels s’étant assemblés avec les chevaliers et prud’hommes voisins, convinrent que pour cet effet ledit comte quitterait à Raymond Arnaud et à Santius Arnaud qui étaient les principaux seigneurs dudit lieu une albergue  de 50 cavaliers qu’ils lui payaient tous les ans. Que quelques années après ledit Santius se voyant proche de mourir envoya chercher un

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nommé Bonus Par, son cousin, pour lui déclarer qu’il avait donné ledit monastère et tous ses biens audit abbé de Marcillac et pour lui dire de quitter sa femme et de se faire raser et couper les cheveux et qu’après qu’il aurait pris l’habit dans l’abbaye de Marcillac de reprendre ledit monastère ; qu’après la mort dudit Santius ledit Bonus Par se voulant mettre en possession du monastère, alla trouver avec les deux frères lévites, ses cousins, Bernard comte et Eraclius, évêque et les pria de se rendre à Madiran avec Aimeric, comte d’Auch, Bernard, comte d’Armagnac, Gaston comte de Foix, et les chevaliers voisins, pour mettre en liberté et sûreté le lieu de Madiran ; ce que lesdits évêques, comtes et chevaliers ayant fait, jurèrent de ne faire aucun tort ni dommage audit lieu ; que ledit Bonus Par parvenant à mourir, laissa ledit monastère sous la conduite et régime de Guillaume Par, son fils ; lequel ayant acquis d’un nommé Guillaume Donatus les dîmes des églises de St Léon, de St Marie de la Grasse et de St Michel de Sault, tua en duel Raymond Lupus de Lidos pour raison du bois de Médiana, où il se fit bâtir des hameaux et vécut, misérablement pendant quelque temps, mais que Pons évêque set Centullus comte, ayant appris sa mauvaise vie l’auraient

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Chassé et mis à sa place un nommé Bernard qui acheta l’église de St Michel de Hagedet d’Etienne qui en était abbé ; que dans peu de temps, Gombert qui fut le quatrième abbé de Marcillac après ledit Etienne, son prédécesseur se souvenant que ledit Santius avait donné ledit  monastère de Madiran audit Etienne alla trouver avec Vinald abbé de Moissac, Guillaume archevêque d’Auch, et lui fit voir en plein concile, l’usurpation qu’on lui avait faite du lieu de Madiran où Bernard était présent, sur quoi le dit archevêque consulta Pons  évêque de Bigorre, et que ledit Gombert étant après en possession dudit monastère nomma B… pour en être abbé.

Du temps du pape Urbain 11, de Bernard Centulle, comte, et d’Odon, évêque de Bigorre.

Liste des abbés et prieurs et donations qui leur furent faites

Nous allons donner la liste des abbés et prieurs avec les donations qui leur furent faites :

1 – Sans fondateur Sons Gardie Arnaud, comte de Bigorre (Léjosne lui donne la date de 1020-B. de Lagrèze celle de 1030, et Larcher 1088

II – Bon par (omis par B. de Lagrèze est posté en 1055 par Lejosne)

III – Guillaume Par  ( 1080 d’après Lejosne)

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(1) Urbain H (1088-1099) Bernari 1096-1097 Odon 1055-1095) 

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Ce dernier ajoute en note : « Une révolte éclata dans le prieuré ; les moines voulant s’affranchir de l’abbaye de Marcillac, mais l’abbé Guillaume brise la résistance.

IV – Bernard élu par les religieux sous la présidence de l’évêque de Bigorre Pons (Omis par Lejosne)

V – Boson placé en 1079 par Gombert abbé de Marcillac, (Léjosne n’en fait pas mention) sous ce prieur donation fut faite par Bernard Darcaian, chevalier à Dieu et à St Marie de Madiran de soi-même pour religieux et de la censiste, services et autres droits qu’il avait ) Eres et à Sault et sur le bois de Cubère, du consentement et en la présence de Bernard Lobat évêque de Bigorre, de Centullus vicomte de Bigorre de Boson prieur de Madiran et autres y exprimés ».

Autre «  donation faite par la dame Nagiscarde à St Marie de Madiran de cinq casals y mentionnés, situés à Priesles, en présence de Bernard Gartias de Cadets,  de Garsias Lupus de Bidoze et de Raymond de Gerdirest. Du temps de Raymond Donat évêque de Lescar et de Boson prieur de Madiran ».

VI – Bernard Dupui ou de Podio (1132 omis par Lejosne) donation faite par les père et mère d’Arnaud d’Audos à Dioeu et à St Marie de Madiran et à Bernard del Poi prieur de la maison, del Palassis avec ses dépendances. De la purification de N.D. 1132.

VII – Grimald de Barran (Lejosne lui assigne

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La date de 1090) » vente faite par Guillaume, abbé de St Laurens, à Grimaldus, prieur de Madiran de l’église de St Laurens avec ses dépendances pour la somme de 1500 sols merlans  et ledit prieur et ses religieux le  reçoivent pour frère dans ledit prieuré et entretiennent sa femme et des enfants durant leur vie ».

« Donation faite par Arnaud Raymond Bemi , chevalier, à Grimald de Barrau,  prieur et aux religieux de Madiran, de l’église d’Espas avec toutes ses dépendances à condition qu’il serait enterré dans le lieu le plus honorable de son cloître ».

«  Donation deArnaud Odon, vicomte de Montaner à Dieu et au prieur de St Marie de Madiran de sept maisons savoir :trois à Estirag, deux à Banaires et deux à Sorbeit en actions de grâces de ce que Dieu l’avait délivré de la tentation qu’il avait eu après avoir demeuré neuf jours dans l’église dudit prieuré … faite en présence de Bernard Lobat évêque de Tarbes, d’Odon, comte de Ribère d’Arnaud de Baubad et autres. Du temps de Grimald de Barrau prieur de Madiran et de Bernard Centullus, comte de Bigorre ».

«  Donation faite par Bernard de Foncent noble et puissant et Naguiscarde, sa femme, à St Marie de Madiran, de quatre maisons à Pressag en action

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De grâce de ce que Dieu, par l’intercession de Notre Dame lui avait donné un fils appelé Falania. Du temps de Guinald, prieur de Madiran et de Bernard Centullus comte de Bigorre

VII

 – Alamand Del Mored

(1163 d’après Larcher Léposne le place en 1170) Acte duquel appert que Guillaume Majenc , abbé de St Martin de Bidos, ayant engagé ) un religieux de Madiran l’église de St Martin de Bidos pour 100 sols. Morlans, ayant été excommunié pour en avoir joui étant laïque la vendit à Mamanus del Mored prieur dudit Madiran pour 200 sols morlans. Du temps de Bernard Labat, évêque de Tarbes, d’Alamand del  Mored prieur de Madiran et de Centullus comte de Bigorre »

«  Donation faite par Raimond de Bialis  à St Marie de Madiran de Vitalis  son fils pour religieux et d’un casal dit la Pinsobiran, qu’il avait acheté à Ramond de Bidos son frère. Du temps de Bernard Labat évêque de Tarbes, d’Alamand del Mored prieur de Madiran et de Centullus comte de Bigorre »

« Donation faite par Garsias Arnaud de Lasserre,  chevalier à St Marie de Madiran, de soi et du casal de Balin avec ses appartenances. Du temps d’Alamand del Mored et de Bernard Labat évêque de Tarbes.

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VIII – Hector de Montmirail (1170)

IX – Arnaud de Rosério ou de Roser

(1125 ou 1195 d’après Le Lespone) » Acte duquel appert que Maradnaga de Roser, chevalier donna à St Marie de Madiran et à Arnaud de Roser, prieur, son fils Odo et deux parties de l’église de Crabasse  que, sans pénius de Gerderest, évêque de Lescar, tenait un engagement pour 80 sols merlans »

«  Donation faite par Bernard de Pardela, seigneur dePardela, voulant passer la mer à St Marie de Madiran, de 5 sols que Bernard Guillaume abbé de Sentoche, lui donnait tous les ans, lequel ayant été excommunié par un évêque pour avoir joui de ladite église estant laïque, la donna aux religieux du dit prieuré de Madiran du temps de Gérant de la Barthe, archevêque d’Auch, Arnaud Guillaume d’Oson, évêque de Bigorre, sans aner de Gerderest, évêque de Béarn, Arnaud de Roser, prieur de Madiran et Gaston comte de Bigorre et vicomte du Béarn ».

«  Acte duquel il appert que Ricard d’Aurios ayant enlevé de la maison de Madiran 40 pains et des chandelles en haine de ce que Bernard son père, avait donné à ladite maison l’église Sanchi Génumeri de Tarigos avec Loules les dîmes et prémies il envoya une lettre estant malase à Arnaud de Roser  qui était prieur pour lui aller enjoindre

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la pénitence ce que ledit prieur ayant fait, il lui restitua lesdits pains et lesdites chandelles. Du temps de Sans Aner de Garderest, évêque de Lescar, d’Arnaud Guillaume d’Oson, évêque de Tarbes, et de A. de Sanlane ?? seigneur de Sanlane ».

«  Donation faite par Arnaud de la Cost chevalier et par Naspisée  sa femme à St Marie de Madiran de Montosinus , leur fils, pour religieux  et du casal del Calemas del Pi. Du temps d’Arnaud Guillaume d’Oson, évêque de Tarbes, d’Arnaud del Roser prieur de Madiran et de Centullus comte de Bigorre ».

X – Gérand de Calzade ou Caussade

( 1177) «  Donation faite par Gabionalde Ladour aux religieux du prieuré de Madiran, de son corps et de l’église de Senjuri  s’en réservant la sixième partie ; laquelle Odo Senjuri, seigneur de Senjuri et Gauthier, son fils, lui avaient baillé sous la redevance de 10 sols et lesdits religieux donnent audit Gassinal ?? une mule de la valeur de 100 sols »

« Donation  faite par Garsias Raimond de Gosbes, chevalier aux religieux de St Marie de Madiran de la moitié de la sixième partie de l’église de Senjuri avec le canal de la Roque et ses dépendances du consentement d’Odo de Senjuri et Géraud de Calzade prieur donna audit Garsias 400 sols morlans

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Pour payer ses dettes. Du temps de Géraud de la Barthe, archevêque d’Auch, qui mourut outre-mer Bertrand, évêque de Lamare, Odon seigneur de Permarco et Géraud prieur de Madiran »

«  Acte duquel appert que Arnaud de Roser, prieur de Madiran et l’abbé et les religieux de Bolas ayant convenu par l’entremise de Géraud de la Barthe archevêque d’Auch, que ledit prieur leur quitterait la dîme de Bolas moyennant 15 sols morlans il fut convenu de rechef que lesdits abbé et religieux de Bolas outre lesdits 15 sols en payeraient  400 à la maison de Madiran et qu’il y aurait paternité entre eux. Du temps de B. de Montaut, évêque de Lectoure, d’Oson de Lomaïc  et de Géraud de Calzade, prieur de Madiran ».

«  Accord entre Géraud de Calzade prieur et les religieux d’une part et Bernard de Sarter Comanaie   de Bordères et Amanieu  de Labartère, d’autre part, touchant le décimaire de Fagedet, par lequel lesdits prieur et religieux retiennent l’endomenjadure et les terres cultes et incultes et le reste des autres droits est partagé entre parties. Du temps d’Arnaud Guillaume d’Oson, évêque de Bigorre, de Géraud de Calzade prieur de Madiran et de Gaston comte de Bigorre et vicomte de Béarn ».

«  Donation d’Odon de Sadirac,

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Noble et puissant aux religieux de St Marie de Madiran, d’une vigne appelée de Sadiraq à la sortie du lieu de Madiran faite en présence de son Altesse de Gerderesn évêque de Lescar et de Sanz de Gerderest d’Arnaud de Saulane, d’Arnaud de Clarac et autres ; du temps de Géraud de Calzade prieur de Madiran ».

«  Donation faite par Bernard de Montus, chevalier, aux religieux de St Marie de Madiran, de soi et du casal del Biau, avec ses dépendances, du consentement de Hasmors, sa fille, de Bernard, son fils de Pierre de Baulad.

Du temps de Géraud de Calzade, prieur de Madiran de Centullus, comte de Bigorre »

«  Donation  faite en l’année 1183 par Arnaud Raimond de Sarrant  et Gualarde sa femme, aux religieux de St Marie de Madiran du casal d’Artigas avec ses dépendances (‘Année 1183)

XI – Oson de Roserio ou de Roser

(1216 à 1223) Donation faite par Arnaud de Calzade et par sa femme à St Marie de Madiran de la personne de Géraud, son fils, pour religieux avec la 3ème partie de l’église de Lobiac, 15 journaux de terre à Sorbeix et toute la dîme de Calzade.

Avec un acte par lequel Guillaume Bernard de Calzade, prêtre, se donne au prieuré de Madiran, avec la 3ème partie de ladite église de Lobiac, du consentement

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de Bernard , son gendre, et en présence d’Odon, comte de Ribère, d’Arnaud Guillaume de Biran, évêque de Tarbes et d’Odon de Roser, prieur de Madiran, et d’autres, y nommés ».

Donation de Gaston, comte de Bigorre et vicomte de Béarn, à la maison de Madiran, de soi-même pour frère et de trois maisons, les deux à Corbères, et l’autre à Roser, faite sen présence de Raimond  de Bénac, évêque de Lescar, de Bernard de Morlane, évêque d’Oloron et de Guillaume Raimond d’Abos, chevalier, du temps d’Arnaud Guillaume de Biran, évêque de Tarbes et d’Odon de Roser, prieur de Madiran ».

Donation faite par Arnaud d’Aidies, chevalier, à Dieu et à St Marie de Madiran de soi et d’un casal à Aydies avec le consentement d’Arnaud Garsie, son frère. Du temps de Raimond de Bénac, évêque de Lescar et