Amicale des Bigourdans de Paris
Section Généalogie
MEREAUX PARISIENS DU MOYEN-AGEQuand les jongleurs payaient leur entrée dans PARIS en " monnaie de singe "
Parmi les nombreuses utilisations de méreaux de plomb en guise de droits d’entrée, pour lesquels les visiteurs devaient acquitter un paiement et à une époque où on ne connaissait pas l’usage du papier et des tickets, il faut évoquer la remise de plombs spécifiques aux jongleurs franchissant les ponts de Paris. Le petit peuple humble des jongleurs, gens de peu de biens, bénificiait à l’époque médiévale d’un statut priviligié auprès des portes de péages : c’est ce que nous révèle le livre des métiers d’Etienne Boileau, daté de 1260 et chargé de recenser les statuts des différentes corporations des métiers.
Le chapitre consacré au statut des jongleurs et des ménétriers, précise au péage du Petit-Pont de Paris :
" Se li singes est au joueur, jouer en doit devant le péagier et pour son jeudoit estre quites de toute la chose qu’il achète à son usage. Et aussitôt li jongleur sunt quite por un ver de chançon ".
Pour preuve de l’acquittement de leur droit de passage, on remettait à ces baladins montreurs de singes savants, un méreau particulier, après qu’ils aient poussé la chansonnette et que leur singe ait sans doute accompli mout pirouettes et cabrioles. Sur ce méreau anépigraphe, directement compréhensible par la population sans avoir besoin de savoir lire, figurait de façon claire et parlante un singe à la chaîne et au revers, un jongleur en action, faisant danser son animal au son de la viole. Le dessin du plomb évoquait ainsi parfaitement la fonction et la profession du bénéficiaire, sans discours superflu.
Ce type de méreau au singe, dont les exemplaires sont parvenus jusqu’à nous est sans nul doute à l’origine de l’expression populaire que nous avons conservée : " payer en monnaie de singe ".
Extrait des dossiers de la Monnaie de PARIS n° 9.
Roger ROUCOLLE